Le fait de lire avec les tout-petits va bien au-delà d’une aide à l’apprentissage de la lecture, c’est aussi – et surtout – une manière de les faire accéder à la culture.
Lire avec les tout-petits est en effet une occasion d’être ensemble, de partager des émotions, mais aussi de découvrir que chacun peut avoir des émotions différentes. Telle est également la fonction de la culture en général, qui joue comme un objet transitionnel collectif (Winnicott) nous reliant à l’autre et nous en distinguant tout à la fois. C’est l’un des maillons essentiels de la découverte de l’autre et donc de soi (accès à l’intersubjectivité), et par là, un moyen de reconnaître et de respecter la vie psychique de l’autre.
Comment mieux dire alors que l’accès des tout-petits à la culture constitue une sorte de prévention de la violence, qui est toujours et partout, qu’on le veuille ou non, le fruit de l’intolérance et de l’inculture ?
Actuellement impliqué en tant qu’expert dans le programme « Langage, langues et culture » coordonné par la direction des familles et de la petite Enfance (dfpe) de la Ville de Paris, je mesure les interrelations étroites qui existent entre l’accès au langage et l’accès à la culture, ainsi que les nombreuses initiatives innovantes et créatives déjà mises en place par les professionnels de terrain (lieux d’accueil des tout-petits, écoles maternelles…).
Si les arts plastiques ont une place importante dans ces diverses propositions, je me concentrerai, dans le cadre de ces quelques pages, sur les trois axes de la lecture avec les bébés, du modelage, et de la place potentielle du cinéma avec les tout-petits…