CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Dans une vision pessimiste, la crise environnementale et sociétale causée par le modèle actuel de développement économique est le résultat de la transformation de la société démocratique en société de marché (Polanyi, 1944). Dans une vision optimiste, qui est la nôtre, cette crise offre la possibilité de réaliser une transition vers une société inclusive et durable. Dans cette hypothèse, l’économie sociale et solidaire (ESS) est une réponse clé. En effet, de même que les expériences d’économie sociale du XIXe siècle ont nourri des modèles théoriques alternatifs au capitalisme industrialiste de l’époque (Defalvard et Ferraton, infra), les initiatives solidaires du XXIe siècle offrent la possibilité de construire un modèle théorique alternatif au capitalisme extractiviste actuel. Ce modèle alternatif, que nous nommons « délibéralisme », peut être considéré comme une « utopie réaliste » de notre temps. Il s’agit en effet de proposer un nouveau paradigme à partir des réponses concrètes de l’ESS aux maux « extrêmement déplaisants » du capitalisme, pour reprendre l’expression de John Maynard Keynes. Nous nous inscrivons ainsi dans une approche ascendante qui part du terrain empirique pour déboucher sur une généralisation théorique. Pour illustrer cette démarche, nous décrirons dans un premier temps les réponses concrètes des initiatives d’ESS à l’un de ces maux extrêmement déplaisants du capitalisme : la suprématie du présent réduit à l’urgence (I). Dans un second temps, nous élargirons de manière théorique ces expérimentations de terrain afin de proposer un paradigme alternatif apportant une réponse à la crise écologique (II)…

Français

L’ESS est un ensemble d’innovations sociales diverses, dont beaucoup reposent sur des principes d’action qui ne sont pas ceux du capitalisme. Étudier ces initiatives et chercher à assembler leurs principes de fonctionnement permet aux auteurs d’élaborer un paradigme alternatif qu’ils nomment « délibéralisme » - un terme qui marque la nécessité de se défaire du libéralisme pour entrer dans la délibération. Pour illustrer leur démarche, les auteurs décrivent dans un premier temps les réponses concrètes des initiatives d’ESS à un problème écologique clé : la marchandisation du temps. Dans un deuxième temps, ils élargissent de manière théorique ces exemples empiriques afin de proposer un paradigme alternatif plus radical et écologique, voie de sortie du capitalisme.

Éric Dacheux
Professeur des universités, membre du groupe « communication, innovation sociale et ESS », EA4647, université Clermont Auvergne.
Daniel Goujon
Maître de conférences à l’université de Lyon, UMR-5600, Environnement-Ville-Société, laboratoire Isthme, université Jean-Monnet (IUT de Roanne).
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Mis en ligne sur Cairn.info le 19/01/2021
https://doi.org/10.3917/recma.359.0080
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