CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Jean Kellerhals et Louis Roussel ont proposé dans L’Année sociologique, il y a près de trente ans, un bilan des tendances de la recherche en sociologie de la famille entre 1965 et 1985. Ils soulignaient alors les défis posés à ce champ disciplinaire en vue de comprendre les déterminants des changements démographiques remarquables sur la période, et notamment les interactions entre structures écono-miques, politiques publiques, modes de régulation et comporte-ments familiaux (Kellerhals et Roussel, 1987). Ils pointaient en particulier le rôle central joué par l’insertion massive des femmes sur le marché du travail, bousculant la répartition des rôles des sexes ; les bouleversements induits par l’instabilité des couples et la complexification des trajectoires conjugales, mais aussi les changements du sens et de la place de l’enfant dans le projet familial. L’augmentation du divorce et la croissance des situations de recomposition familiale les conduisaient à reconnaître « une diversité de formes de « parentalité » (Ibidem, p. 25), une expression alors utilisée uniquement dans le champ de la psychiatrie et de la psychanalyse. Pour Jean Kellerhals, un des défis était alors de développer des typologies capables de prendre la mesure de cette diversification des modes de vivre et d’interagir en famille, mais aussi d’éduquer les enfants (Kellerhals, 1987 ; Kellerhals et Montandon, 1991 ; Kellerhals et al., 1992).

2Lors de ce bilan, Franz Schultheis et Kurt Lüscher insistaient pour leur part sur les transformations des « représentations normatives – scientifiques et vulgaires – de la famille » (Kellerhals et Roussel, 1987, p. 36) et le rôle des experts et entrepreneurs moraux en la matière. Une partie de leur contribution portait précisément sur la notion d’« éducation des parents ». Ils faisaient alors le constat suivant :

3

Même s’il existe un certain nombre de traités sur l’histoire de l’éducation des parents dans divers pays, il ne s’agit pas d’un objet de recherche d’une grande actualité dans les sciences sociales d’aujourd’hui (Schultheis et Lüscher, p. 254).

4Depuis le milieu des années 1990, parallèlement aux réflexions sur les changements familiaux et leurs déterminants, et notamment les liens entre précarisation de l’emploi et fragilisation des liens familiaux, sont apparues dans de nombreux pays de nouvelles notions (parentalité, parenting) et même une politique visant à soutenir les parents dans leur travail éducatif et de soin. Encore considérées comme des néologismes au début des années 1990, les notions de « parentalité » et de parenting occupent désormais, bien au-delà des milieux professionnels de l’enfance et de la famille, une place croissante dans les champs politiques [1], médiatiques [2] et académiques [3].

5L’apparition de ces nouveaux termes et le fait de prendre les parents pour cible de l’action publique suscitent une série de questions. En quoi ces nouvelles notions et politiques publiques permettent-elles de saisir les changements en cours ? Assistons-nous à l’émergence d’un nouveau régime de régulation de la vie privée et de la question familiale, ou bien simplement au revival d’anciennes orientations poursuivies par les pouvoirs publics au nom de la santé publique, de la politique familiale, de la prévention de la délinquance ou de l’éducation ? Quelle est, en somme, la part de l’ancien et du nouveau ? Trois ouvrages publiés récemment permettent de documenter ces questions et d’éclairer les enjeux théoriques dont ce domaine de recherche en pleine expansion est porteur. Nous les avons retenus, car ils sont particulièrement significatifs d’une vaste production de recherche et susceptibles de nous aider à prendre la mesure des évolutions des problématiques contemporaines dans le champ de la sociologie de la famille.

Deux contextes linguistiques

6En français, la notion de parentalité s’est imposée dans les années 1990 pour compléter le lexique de la parenté [4], sans doute en partie pour faire le pendant du terme anglais parenthood qui désigne communément le fait d’exercer le rôle de parent, sans négliger la différence entre motherhood et fatherhood. Dans l’ouvrage qu’il a consacré aux Métamorphoses de la parenté, l’anthropologue Maurice Godelier propose la définition suivante :

7

Pour nous, le terme « parentalité » désigne l’ensemble culturellement défini des obligations à assumer, des interdictions à respecter, des conduites, des attitudes, des sentiments, des émotions, des actes de solidarité et des actes d’hostilité qui sont attendus ou exclus de la part d’individus qui – au sein d’une société caractérisée par un système de parenté particulier et se reproduisant dans un contexte historique donné – se trouvent, vis-à-vis d’autres individus, dans des rapports de parents à enfants. (Godelier, 2004, p. 239-240).

8En complément de cette définition, Godelier identifie une série de fonctions susceptibles d’être toutes, ou en partie, incluses dans le champ de la parentalité, selon les sociétés et les époques : concevoir et/ou engendrer ; élever, nourrir et protéger ; instruire, former et éduquer ; avoir des droits et des devoirs vis-à-vis de l’enfant et être considéré comme responsable de ses actes ou en être garant ; doter l’enfant d’un nom, d’un statut social, de droits ; avoir le droit d’exercer certaines formes d’autorité et de punir l’enfant ; s’interdire d’entretenir des rapports sexuels avec cet enfant.

9Malgré d’importantes nuances selon les disciplines qui feront usage de cette notion en France et contribueront à sa définition à partir du début du xxe siècle – l’anthropologie ; la psychologie et plus particulièrement la psychanalyse ; le droit ; la sociologie (Martin, 2003) –, nous souhaitons insister sur les différences entre les deux contextes linguistiques. Tout d’abord, deux questions semblent étroitement entremêlées dans la discussion et les échanges francophones à propos de la parentalité, que la langue anglaise prend le soin de distinguer avec les notions de parenthood et de parenting : d’une part, « qui est le parent ? » (y compris qui occupe cette place, pour assumer quel·s rôle·s et fonction·s) et, de l’autre, « que fait le parent ? » (conduites, pratiques, comportements, compétences). C’est précisément cette deuxième question que privilégie la notion de parenting qui, en transformant un substantif en verbe, met le focus sur l’action, sur le fait d’agir comme parent et non sur le fait de devenir parent, d’être parent ou de se forger une identité de parent.

10Cette confusion entre l’être et le faire a peut-être contribué à une autre originalité (voire une difficulté) de la discussion sur la parentalité en France. En effet, et assez paradoxalement, cette notion n’est pas d’abord apparue pour désigner à proprement parler le travail parental, le « parentage », comme disent parfois les Québécois, c’est-à-dire les pratiques, les comportements, voire le rôle exercé par les parents, mais plutôt pour évoquer des situations parentales particulières, voire marginales au regard de la norme biparentale hétérosexuelle dominante : celles où un seul parent assume ce rôle (la monoparentalité) ; celles où un quasi-parent non reconnu par le droit y contribue (la beau-parentalité) ; celles où, à côté des parents, d’autres membres de la parenté exercent également cette fonction (la grand-parentalité) ; et même celles où les parents sont de même sexe (l’homoparentalité). En somme, l’usage du terme de parentalité a permis de décliner les différents acteurs susceptibles de jouer cette fonction, et leurs profils, d’où l’expression de « pluriparentalité » (Le Gall et Bettahar, 2001), mais aussi, dans le discours juridique, la notion de « coparentalité », utilisée pour défendre l’intérêt de maintenir au-delà des séparations et des divorces un exercice conjoint de la fonction parentale.

Un domaine en forte expansion

11Une autre différence mérite d’être soulignée entre les deux contextes linguistiques. Elle concerne le nombre des travaux et publications consacrés à ces sujets. À cet égard, bien entendu, le fait que l’anglais soit pratiquement devenu la lingua franca d’aujourd’hui explique l’important écart quantitatif. En effet, nombre de chercheurs non originaires de pays anglophones publient en anglais. Quoi qu’il en soit, à titre indicatif, la recherche des termes « parentalité » et « parenting » sur le portail HAL-SHS, consacré aux publications françaises, recense un peu plus de 370 références (291 références pour « parentalité » et 82 références pour « parenting ») depuis 2004. En se tournant vers des bases et des portails recensant la littérature internationale, comme Google Scholar ou ResearchGate, on perçoit l’écart. Sur Google Scholar, en utilisant les occurrences du seul terme parenting, dans des titres ou résumés, ce sont près de 650 000 items qui sont recensés (voir Tableau 1 et Figure 1), dont l’essentiel (87 %) sur la période qui va de 1995 à aujourd’hui. Les plus fortes occurrences associent également le terme parenting à d’autres notions. Des plus fréquentes aux moins fréquentes, on peut mentionner : parenting behaviour, parenting affects, parenting stress, parenting skills, parenting styles, parenting programs et parenting support.

Figure 1. – Répartition des publications et travaux utilisant le terme « parenting » par période quinquennale sur Google Scholar (consultation le 1/10/2017)

Figure 1. – Répartition des publications et travaux utilisant le terme « parenting » par période quinquennale sur Google Scholar (consultation le 1/10/2017)

Figure 1. – Répartition des publications et travaux utilisant le terme « parenting » par période quinquennale sur Google Scholar (consultation le 1/10/2017)

Tableau 1. – Fréquence du terme « parenting » dans le titre ou le résumé sur Google Scholar(consultation le 1/10/2017)

Années
Nombre d’occurrences
Pourcentage
1945-1950
50
0,1
1950-1955
50
1955-1960
70
1960-1965
170
1965-1970
350
1970-1975
1330
0,2
1975-1980
5950
0,9
1980-1985
13 100
2
1985-1990
18 700
2,9
1990-1995
41 900
6,5
1995-2000
75 300
11,6
2000-2005
109 000
16,8
2005-2010
172 000
26,5
2010-2015
166 000
25,6
Depuis 2016
43 500
6,7
Total
647 470
100

Tableau 1. – Fréquence du terme « parenting » dans le titre ou le résumé sur Google Scholar(consultation le 1/10/2017)

12Sur ResearchGate, en se concentrant uniquement sur les projets déposés (des recherches collectives le plus souvent en cours, mais aussi quelques thèses), on peut apprécier d’une autre manière l’étendue et surtout la vitalité de ce domaine de recherche : 340 projets en cours sont ainsi recensés utilisant le terme « parenting » dans le titre, et ce sont même plus de 550 projets si l’on étend au bref résumé. Ces projets concernent un vaste spectre de travaux et de disciplines qui vont de l’analyse des pratiques parentales éducatives et de care, des mères comme des pères, dans la famille conjugale, comme après une adoption ou une séparation, en passant par des évaluations de parenting programs et d’interventions ou l’analyse de problèmes suscités en termes de parenting par le handicap d’un enfant, la naissance de jumeaux, l’adolescence, sans oublier la violence domestique, l’obésité, etc.

13Face à ce foisonnement de productions scientifiques, on peut distinguer les travaux dont l’objectif est de définir le ou les problèmes à résoudre, d’intervenir auprès de situations particulières, d’évaluer l’efficacité des méthodes d’intervention et ceux qui s’interrogent sur le sens des changements normatifs à l’œuvre en matière de méthodes et de pratiques de socialisation primaire. Les trois publications que nous proposons d’évoquer s’inscrivent précisément dans cette dernière perspective. Deux d’entre elles abordent ces changements en termes de cultures : de parenting cultures. L’autre se demande le sens de ce focus actuel sur les parents (parents in the spotlight), mais aussi des politiques publiques qui leur sont consacrées.

Une histoire des Parenting Cultures

14Pour sa part, Harry Hendrick, un historien de l’enfance dont les travaux font autorité [5], propose une histoire de la culture de parentalité des années 1920 à aujourd’hui, A History of Parenting Culture centrée sur le cas anglais, mais très éclairante pour bien d’autres situations nationales. Sa perspective n’est pas sans rappeler celle d’auteurs comme Michel Foucault ou David Garland, au sens où elle entend retracer les forces qui façonnent notre présent, s’attardant moins sur de longues descriptions factuelles pour privilégier l’analyse et la compréhension des mécanismes. Soucieux de désenclaver la réflexion sur les pratiques éducatives pour les relier à des changements beaucoup plus globaux, économiques, politiques et sociaux [6], Hendrick ne néglige pas pour autant la responsabilité des générations de parents. Comme il l’écrit lui-même :

15

This study seeks to lead the past to the present, not to learn lessons but to understand processes, objectives and influences and, perhaps what is more important, to show that the moral turpitude of our present is not irrevocable; it can be changed through human endeavor (Hendrick, 2016, p. 16-17).

16L’auteur insiste sur ce point : s’il est bien question de mettre en lumière le rôle de forces politiques, économiques, légales comme autant de structures culturelles, le parenting, mais aussi les relations entre parents et enfants, ne sont donc pas pour autant seulement façonnés par ces structures ou ces lois, mais tout autant par l’action intentionnelle d’acteurs responsables, ici des générations successives de parents.

17L’ouvrage est organisé chronologiquement. Il présente tout d’abord les origines du modèle de la famille idéale de la démocratie sociale (1920-1940) qui va contribuer à réinventer les relations parents-enfants dans l’entre-deux-guerres, passant d’une préo-ccupation centrée sur la survie des enfants à celle de leur bien-être psychique, mais aussi d’une parenting culture fondée sur la répression et l’obéissance à une vision plus libérale. Cette dynamique aurait posé les bases de la libéralisation des relations parents-enfants avec le rôle de la psychanalyse, mais aussi des expériences de pédagogie progressive. La deuxième partie aborde « l’âge d’or » qui va des années 1940 aux années 1970, au cours duquel, dans un premier temps, s’affirment la priorité de renouveler et de reconstruire une vie familiale et la conviction du rôle primordial de cette institution pour favoriser et forger des individus sains émotionnellement au travers des relations parents-enfants. Sont alors évoquées des figures très influentes sur ces questions comme John Bowlby (un socialiste) et Donald Winnicott (un libéral), mais aussi d’autres qui ont contribué à leur critique, comme Margaret Mead ou Barbara Wooton. À partir de la fin des années 1960, les mouvements libérationnistes, féministes et gauchistes, mettront en doute et en cause cet héritage en condamnant ce carcan familial conservateur, patriarcal et profondément inégalitaire du point de vue de l’égalité entre les sexes. La redécouverte de la pauvreté des enfants et la question de la délinquance juvénile, mais aussi l’émergence des mouvements de défense des droits des enfants contribueront également à ce changement de perspective.

18Dans une troisième partie, Hendrick s’attarde sur la configuration de ce débat aux États-Unis et notamment sur l’influence considérable d’auteurs comme Benjamin Spock et sa permissive parenting culture, mais surtout Diana Baumrind et sa typologie des styles d’éducation (parenting styles) privilégiant une troisième voie entre le modèle autoritaire et le modèle permissif, réconciliant habilement psychanalyse et comportementalisme avec son modèle authoritative [7]. L’influence états-unienne n’est pas analysée en tant que telle sous l’angle d’un policy transfer, mais bien plutôt ici sous l’angle de la circulation des idées et des savoirs.

19Dans une quatrième partie, Hendrick défend l’essentiel de sa thèse avec le basculement, des années 1970 à aujourd’hui, vers ce parentalisme narcissique qui donne le titre à l’ouvrage. Selon l’auteur, c’est au cours de cette étape que, du Thatchérisme au New labour, va véritablement se forger une nouvelle vision de l’enfance, rendue compatible avec des préceptes néolibéraux et le projet de remoralisation du Royaume-Uni. Ces préceptes néolibéraux sont analysés en détail en partant de l’hypothèse du cycle of deprivation de Sir Keith Joseph, figure de la nouvelle droite britannique, préoccupée de la reproduction de la pauvreté de génération en génération. C’est sur cette hypothèse que le modèle comportementaliste puise sa force, cherchant à établir un lien entre délinquance et pratiques parentales. Mais c’est aussi dans cette période que le parenting devient véritablement un enjeu de gouvernement, sous l’impulsion de quelques faits divers particulièrement traumatiques, comme le cas James Bulger, un enfant qui assassina un autre enfant en 1993. S’articulent alors orientations idéologiques, projets politiques et médiatisation des problèmes publics pour composer cette culture parentale contemporaine. Hendrick insiste en particulier sur le renouveau du comportementalisme au cours de ces années 1990, puisqu’il s’agira dès lors moins de changer le comportement d’autrui ou d’éliminer les comportements indésirables que d’aider les individus à se changer eux-mêmes, un self-managing behaviour change, consistant à renforcer positivement les comportements recherchés.

20Hendrick défend, en somme, la thèse d’un basculement progressif des parenting styles, d’un modèle libéral et progressiste à un modèle comportementaliste, d’abord punitif puis managérial, dans lequel s’affirme une parentalité narcissique. Par cette expression, Hendrick évoque, non pas le narcissisme primaire, nécessaire selon les psychanalystes pour structurer le sentiment de confiance en soi chez l’enfant avant d’aborder autrui, mais un narcissisme secondaire caractérisé chez l’adulte par un manque de confiance dans le futur, considéré comme inconnu et même inconnaissable, compromettant la capacité du parent de reconnaître les besoins et les attentes de l’enfant.

21

In place of empathy for children, parental narcissism privileges a confused, distorted, anxious and essentially self-regarding sense of self, particularly when through parent education it is emboldened by exposure to the deception of neoliberal “empowerment” (Hendrick, 2016, p. 24).

22Dans ce processus de changement culturel interviennent à la fois des savoirs (comportementalisme, psychanalyse, neurosciences) et des idéologies (social-démocratie, progressivism, féminisme, néolibéralisme), relayés dans les débats politiques. Hendrick propose de saisir les raisons pour lesquelles on en est arrivé à concevoir l’éducation des enfants comme un travail technique qui peut se décliner en des programmes fondés sur des preuves (evidence-based programs). Au fil des étapes de ce changement, on perçoit à quel point nous doutons aujourd’hui de la pertinence et surtout de l’efficacité des pratiques spontanées, improvisées, des parents. En opposant à grands traits, d’une part, une certaine vision de la parentalité dominante des années 1940 au milieu des années 1970, fondée sur des valeurs, des aspirations et une croyance en la social-démocratie, défendant des objectifs de bien-être ou de qualité de vie et, d’autre part, dans les années qui vont suivre, une logique marquée par des préceptes néolibéraux combinant comportementalisme, culture thérapeutique et libérationniste et individualisme, cette thèse suscitera incontestablement des discussions, sans doute même des controverses, en particulier sur la lecture particulièrement critique adressée aux mouvements féministes qui, en privilégiant la cause des femmes et la critique de l’intensive mothering, auraient, selon lui, contribué à ce tournant narcissique. Comme Hendrick l’écrit lui-même :

23

Feminists liked Baumrind because the (authoritative) style promised less work for mothers ; it was a counter to “intensive mothering”—being “intensive” about one’s life, one’s work, one’s hobby, one’s diet was OK, but not one’s children (p. 293).

Parenting Cultures and Social Problems

24L’ouvrage d’Ellie Lee, Jennie Bristow, Charlotte Faircloth et Jan Macvarish complète sous un autre angle cette lecture sociohistorique. Il s’agit à la fois d’une synthèse et d’un programme de travail pour un collectif beaucoup plus large réuni régulièrement au sein du Centre for Parenting Culture Studies créé en 2008 à l’université du Kent à Canterbury [8]. La perspective d’analyse est différente de celle d’Hendrick, au sens où il s’agit cette fois de retracer le processus de construction des problèmes publics (social problems) associés aux pratiques parentales. Les auteures suivent en cela le chemin tracé par Frank Furedi, qui a d’ailleurs rédigé la préface de l’ouvrage et qui rappelle à cette occasion à quel point :

25

Parenting has emerged as one of the most hotly debated issues of the Twenty-First Century. Western culture attaches such significance to parenting because it is represented as the source of virtually every social problem that afflicts our communities. Poor parenting, or the absence of so-called parenting skills, is held responsible for the cultivation of dysfunctional children who in turn become maladjusted grown-ups. From this fatalistic perspective, the “parenting deficit” is blamed for children’s mental health problems, educational difficulties, anti-social behavior, and poor coping skills, and the destructive consequences of bad parenting lasts throughout a person’s life. (Lee et al., 2014, Foreword, p. viii).

26Furedi avance l’idée d’un parental determinism pour rendre compte de cette hypothétique causalité entre pratiques et compétences parentales, et problèmes sociaux. La nouveauté selon lui réside dans le fait qu’il ne concerne plus seulement un petit groupe de mères et de pères jugés irresponsables, mais bien l’ensemble des parents ; la menace que font peser leurs pratiques ne concernant plus seulement l’enfant, mais bien la société toute entière :

27

Parenting is no longer an issue that confines itself to the relationship between mothers and fathers and their children. Parental determinism has its focus not only on the child but also on the society as a whole. (Lee et al., 2014, Foreword, p. ix).

28Ce collectif de recherche est parti de l’étude de l’accompagnement de la grossesse et de l’alimentation du bébé et, plus spécifiquement, du suivi de l’allaitement maternel. Charlotte Faircloth et Ellie Lee ont ainsi réalisé au début des années 2000 des travaux mettant en lumière la pression exercée sur les mères, au nom de la santé publique, pour réussir l’allaitement de leur bébé et ainsi améliorer son bien-être et son état de santé. Ces auteures considèrent le contrôle de l’allaitement comme le prototype de toute une série de messages, d’interventions et de procédures visant à démontrer à quel point des pratiques parentales apparemment anodines peuvent être importantes, au point de devenir des questions d’intérêt public, voire des enjeux sociétaux. Partant de ce processus de médicalisation et de professionnalisation des pratiques d’allaitement, ce groupe d’auteurs en est venu à analyser la manière dont toutes les conduites parentales sont progressivement devenues un domaine d’expertise et un enjeu de politiques publiques.

29

The message to mothers (and also fathers) is that the health, welfare and success (or lack of it) of their children can be directly attributed to the decisions they make about matters like feeding their children; “parenting,” parents are told, is both the hardest and more important job in the world. Tomorrow depends on it… Our aim in writing this book is to explain why the everyday and routine matters of being a parent, typified by the example of feeding babies, have become the “big issues” they now appear to be… We can be sure that “parenting” is not a neutral term to describe what parents do as they raise their children. Rather, the transformation of the noun “parent” into the verb “parenting” has taken place through a sociocultural process centring on the belief that “parenting” is a highly important and problematic sphere of social life; indeed “parenting” is almost always discussed as a social problem and in some ways blamed for social ills. (Lee et al., 2014, p. 2-3, 9).

30Une des questions centrales est encore une fois de repérer ce qui est nouveau dans cette construction d’un « problème public parental », par rapport à l’intensive mothering mis en lumière par des recherches féministes dans les années 1990. Le remplacement de l’expression child-rearing par celle de parenting est une de ces nouveautés. Comme Frank Furedi ou Harry Hendrick, les auteures de ce collectif insistent sur le fait que l’enfant est de plus en plus considéré comme le résultat du travail parental, un travail relevant davantage de la responsabilité des seuls pères et mères, que de la communauté élargie et d’une génération d’adultes, d’où l’importance croissante de l’idée de compétences (skills). Le parenting n’est pas conçu comme une activité naturelle ou spontanée, mais bien comme une véritable compétence appelant le regard et la supervision des experts. Réciproquement, l’absence de compétence est considérée comme un risque ; non plus un risque au sens d’une probabilité, mais bien au sens d’un danger, d’une menace, générateurs d’anxiété et appelant des stratégies de management individuel des risques.

31

The redefinition of risk as possible danger suggests, in turn, the development of a particular view of uncertainty. Rather than uncertainty being perceived as something which can be confronted rationally, or which opens up possibilities as well as pitfalls, the “unknown” is viewed with anxiety… The focus on speculative threats—the “what ifs” of everyday life— has had a significant impact on the way that children, and also fetuses, are now perceived. Both children and “pre-children” are more and more defined as de facto “at risk…” The meaning of parenthood is reworked through the re-definition of the child as “at risk” in this generalized way; “Parenting,” with its deterministic connotations, is the outcome of this inflation of risk. (Lee et al., 2014, p. 11, 13).

32Cette culture de l’individualisation et du management du risque tend à confisquer le débat collectif et lui substitue un cultural frame, une construction sociale qui met en avant cette menace putative que représentent les conduites parentales au nom d’une peur d’un préjudice futur.

33

The possibility of opening up for debate the question “how might we as adults best approach the task of raising the next generation?” is closed down. (p. 15) […] Parents raise children in a context where solidarity between them, other parents, and other adults is undermined. (Lee et al., 2014, p. 21).

34Suivant cette problématique générale, l’ouvrage est organisé en deux parties. La première précise les principales composantes de ce déterminisme parental (l’intensive parenting, un travail parental de plus en plus demandeur de temps et d’émotion ; la définition des risques potentiels par les experts ; la politisation du parenting et même l’usage politique des neurosciences pour accentuer cette logique de prévention des risques [9] ; et les enjeux intergénérationnels de ces recompositions). La seconde partie étaye la problématique au travers d’une série d’exemples et d’études de cas : policing pregnancy à propos de l’usage de l’alcool pendant la grossesse ; la question de l’attachement ou des conséquences du « détachement » des parents ; l’enjeu de l’implication des pères et, enfin, le problème du surinvestissement parental imagé par les « parents hélicoptères » qui, du fait de l’aversion au risque, génèrent de nouvelles formes d’anxiété.

Turn to Parenting and Public Policies

35Le numéro spécial du Journal of Family Research consacré aux « Parenting Practices and Support from a Comparative Perspective » et piloté par Tanja Betz, Michael-Sebastian Honig et Ilona Ostner s’accorde sur de nombreux points avec les deux précédentes publications, à commencer par le constat d’un tournant vers le parenting à compter du début des années 1990.

36

Things have changed since the 1990s… “Good enough” and “not so good parenting” are being scrutinized increasingly by experts and policymakers intent on recalibrating policies towards “child-centred social investments.” (Betz et al., 2017, p. 5).

37Réunissant dix-sept articles et une trentaine d’auteurs en provenance de sept pays de l’Union européenne (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède), cet ensemble d’articles propose un état assez complet de la question. Cette publication est organisée en quatre sections : la première revient sur l’émergence de ces nouveaux concepts et analyse ce nouveau focus sur les parents depuis une vingtaine d’années, qui a suivi une décade (les années 1980) durant laquelle les sciences sociales ont nettement privilégié les questions d’intimité, de vie personnelle et de relations conjugales et privées ; une deuxième section aborde la question de la performance et des compétences parentales ; la troisième s’intéresse aux risques et aux pratiques parentales à risques (dangerous parenting) ; et la dernière à l’émergence en Europe de politiques de soutien à la parentalité ou de parenting support.

38Ce tournant vers la parentalité correspond à plusieurs initiatives législatives et à de nouvelles institutions internationales. Les auteurs mentionnent en particulier l’adoption de la convention des Nations unies sur les Droits de l’enfant et les recommandations du Conseil de l’Europe en faveur d’un positive parenting, autrement dit des pratiques parentales respectueuses de l’intérêt supérieur de l’enfant (Daly, 2011). Pour Dimitra Hartas (2014), ce tournant pourrait même correspondre à l’entrée dans « le siècle des parents ». Selon les éditeurs de cet ensemble de contributions, le principal changement réside dans l’enjeu que représente actuellement le bien-être et le capital humain des nouvelles générations.

39

In our view, parents come into the spotlights today because their offspring’s future productive potential is at stake. The recent “turn to parenting” reflects a public preoccupation with “positive,” cognitive and non-cognitive child outcomes. (Betz et al., 2017, p. 7).

40L’intérêt de cette nouvelle publication est en particulier de relier ce tournant vers le parenting à une réflexion sur les politiques publiques et, plus spécifiquement les politiques familiales. La question est dès lors de comprendre en quoi ce ciblage des parents et de leurs conduites est susceptible de signifier un changement paradigmatique dans ce secteur de l’action publique. Ce tournant s’appuie en tous les cas sur le constat d’un certain nombre de défaillances ou d’échec du processus de socialisation primaire.

41

These bad outcomes include educational failure and school dropout, health problems, anti-social behavior, poor coping skills, self-harm, teenage pregnancy, drug addiction, crime, low earnings, and eventually also age poverty. (Betz et al., 2017, p. 7).

42Deux lignes d’intervention semblent se dégager dans cette perspective. Une première piste est esquissée par ceux qui, en référence à l’idée d’investissement social, défendent la construction de politiques visant à contrecarrer les désavantages sociaux transmis par les parents par des mesures de prévention précoce, parfois dès la grossesse (Esping-Andersen, 2002 ; Heckman, 2006). Ces politiques d’investissement dans l’enfance ont en quelque sorte pour finalité de compléter, parfois même de se substituer aux insuffisances des apports familiaux et parentaux. Une deuxième orientation privilégie l’éducation parentale ou le déploiement de mesures de positive parenting, centrées sur les pratiques « qui marchent » (what works?) et dont on peut avancer la preuve de leur efficacité.

43

Some experts therefore argue in favour of curbing, or at least mitigating, parents’ influence on their children from very early on—sometimes even starting with pregnancy—in order to break the cycle of social disadvantage and social ills… Others, typically child development experts and also paediatricians, believe that “positive parenting” can be achieved by way of new techniques of parenting advice and training. (Betz et al., 2017, p. 7).

44Parmi les nombreuses entrées dans la matière proposées par cet ouvrage, nous retiendrons l’insistance de plusieurs contributions pour déconstruire la lecture dominante en termes de bonnes pratiques. En effet, le travail parental est non seulement fortement déterminé par des conditions matérielles (des ressources en termes de capitaux économiques, temporels, culturels, relationnels), mais correspond aussi à des expériences qui varient fortement selon les classes sociales, les cultures, les générations, les trajectoires migratoires, etc. De la même manière, la perspective consistant à élaborer des mesures, des dispositifs, voire une politique de soutien, doit tenir compte de ces écarts d’expériences et de ressources, au risque de ne jamais atteindre sa cible affichée. Plusieurs articles des sections 3 et 4 développent ainsi l’importance des interactions entre les professionnels de la famille et de l’enfance avec les parents, en particulier lorsque ceux-ci sont considérés comme incompétents, voire « dangereux ». Plusieurs de ces auteurs insistent sur la normativité cachée de ces interventions et sur les tensions et dilemmes qu’elles suscitent chez les professionnels en question. 

45Mais le principal apport de cette dernière livraison est certainement la comparaison. En effet, si ce new frame concerne indiscutablement un large ensemble de pays, d’importantes spécificités demeurent qui tiennent à la fois à des histoires institutionnelles, à des cultures professionnelles différentes, mais aussi à des configurations contrastées des débats sur la place et le rôle respectif de l’État dans les affaires familiales.

46Il ressort de cet ensemble de publications la conviction que ces questions représentent d’importants défis pour les sciences sociales et pour des approches interdisciplinaires dans lesquelles la sociologie doit prendre place avec un souci de documenter empiriquement la manière dont les nouvelles générations de parents conçoivent leur rôle et celui des pouvoirs publics.

Notes

  • [1]
    On peut ainsi mentionner plusieurs rapports produits sur la parentalité à la demande des pouvoirs publics : le rapport Houzel remis à Pierre Gauthier, alors directeur de l’Action sociale (Houzel, 1999) ; le rapport remis à Bertrand Fragonard, président du Haut conseil de la famille (Martin, 2003) ; le rapport du Conseil d’analyse stratégique remis à Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille (Lemoine et al. 2012) ; le rapport et l’avis adopté par le Haut conseil de la famille le 22 septembre 2016 (HCF, 2016), le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Jacquey-Vasquez et al., 2013) et récemment le rapport remis à Daniel Lenoir, directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales (Martin, 2017).
  • [2]
    D’après un récent dossier du magazine Livres Hebdo, « le marché du parenting représente sur un an, selon GFK (le plus grand institut d’études de marché), un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros (+ 22,4 % à un an d’intervalle), pour 2,1 millions de livres vendus (+ 17,8 %) ». (Sophie Gindensperger, « Parenting, en pleine croissance », Livres Hebdo, n° 1129, 12/05/2017, p. 48).
  • [3]
    Pour ce qui concerne la France ou l’espace francophone, on peut notamment mentionner : Bruel et al., 2001 ; Boisson et Verjus, 2004 ; Sellenet, 2007 ; Neyrand, 2011 ; Martin, 2014 ; Bachmann et al., 2016.
  • [4]
    Parmi les premières tentatives de définition dans un dictionnaire, on peut mentionner le dictionnaire critique d’action sociale qui propose un item « parentalité », avec les éléments suivants : « Néologisme dérivé de parental…, la parentalité apparaît comme un terme spécifique du vocabulaire médico-psycho-social qui désigne d’une façon très large la fonction d’ « être parent » en y incluant à la fois des responsabilités juridiques, des responsabilités morales et des responsabilités éducatives. » (Barreyre et al., 1995, p. 269-270).
  • [5]
    On peut mentionner notamment son histoire de l’enfance en Angleterre (Hendrick, 1997) ou encore l’ouvrage de synthèse ou reader qu’il a coordonné sur le Child welfare (Hendrick, 2005).
  • [6]
    « This is a book concerned with the political and economic structures in which child rearing always exists » (p. 2).
  • [7]
    Pour des prolongements sur le cas états-unien, on se reportera à l’ouvrage de Steven Mintz (2015), et notamment au chapitre intitulé « The Trials of Parenting ».
  • [8]
    Pour apprécier l’importance des activités de ce centre, on pourra se reporter à son site internet [en ligne : https://blogs.kent.ac.uk/parentingculturestudies/], consulté le 21/05/2018.
  • [9]
    Pour un prolongement sur ce sujet, on lira également l’ouvrage de Macvarish (2016).

Références bibliographiques

  • Bachmann L., Gaberel P.-E., Modak M., 2016, Parentalité : Perspectives critiques, Lausanne, Éditions EESP.
  • Barreyre J.-Y., Bouquet B., Chantreau A., Lassus P. (dir.), 1995, Dictionnaire critique de l’action sociale, Paris, Bayard.
  • Boisson M., Verjus A., 2004, « L’Accompagnement à la fonction parentale : un traitement familial des familles. Synthèse et analyse critique des rapports des associations », Dossiers d’études de la CNAF, n° 82.
  • Bruel A., Faget J., Jacques J., Joecker M., Neirinck Cl. Et Poussin G., 2001, De la parenté à la parentalité, Ramonville Saint-Agne, Éditions Érès.
  • Daly M., 2011, Building a Coordinated Strategy for Parenting Support. Synthesis Report, Brussels, European Commission.
  • En ligneEsping-Andersen G., 2002, « Towards the Good Society, Once Again? », in Esping-Andersen G., Gallie D., Hemerijck A., Myles J., Why We Need a New Welfare State? Oxford, Oxford University Press, p. 1-25.
  • Godelier M., 2004, Métamorphoses de la parenté, Paris, Fayard.
  • Hartas D., 2014, Parenting, Family Policy and Children’s Well-Being in an Unequal Society. A New Culture War for Parents, London, Palgrave/Macmillan. DOI : 10.1057/9781137319555.
  • En ligneHeckman J. J., 2006, « Skill Formation and the Economics of Investing in Disadvantaged Children », Science, vol. 312, n° 5782, p. 1900-1902. DOI : 10.1126/science.1128898.
  • Haut conseil de la Famille, 2016, Les Politiques de soutien à la parentalité, Avis et rapport adoptés par consensus le 22 septembre 2016, 183 p., [en ligne : http://www.hcfea.fr/IMG/pdf/2016_10_03_Notes_parentalite.pdf], consulté le 07/05/2018.
  • Hendrick H., 1997, Children, Childhood and English Society 1880-1990, Cambridge, Cambridge university Press.
  • En ligneHendrick H. (dir.), 2005, Child Welfare and Social Policy. An Essential Reader, Bristol, Policy Press. DOI : 10.1017/S0047279406260549.
  • Houzel D., 1999, Les Enjeux de la parentalité, Ramonville Saint-Agne, Éditions Érès.
  • Jacquey-Vazquez B., Raymond M., Sitruk P., 2013, Évaluation de la politique de soutien à la parentalité (MAP – volet 1), Paris, Inspection générale des Affaires sociales, « Rapport » RM2013-015P, t. I et II.
  • Kellerhals J., 1987, « Les types d’interaction dans la famille », L’Année sociologique, vol. 37, numéro « Sociologie de la famille (1965-19985) », p. 153-179.
  • Kellerhals J., Roussel J., 1987, « Les sociologues face aux mutations de la famille : quelques tendances de recherche 1965-1985 », L’Année sociologique, vol. 37, numéro « Sociologie de la famille (1965-1985) », p. 15-43.
  • Kellerhals J., Montandon C., 1991, Les Stratégies éducatives des familles. Milieu social, dynamique familiale et éducation des préadolescents, Neufchâtel, Delachaux et Niestlé.
  • En ligneKellerhals J., Montandon C., Ritschard G., Sardi M., 1992, « Le style éducatif des parents et l’estime de soi des adolescents », Revue française de sociologie, vol. 33, n° 3, p. 313-333.
  • Le Gall D., Bettahar Y., 2001, La Pluriparentalité, Paris, PUF.
  • Lemoine S., Hamel M.-P., avec Martin C., 2012, Aider les parents à être parents. Le soutien à la parentalité, une perspective internationale, Paris, La Documentation française/Centre d’analyse stratégique.
  • Macvarish J., 2016, Neuroparenting. The Expert Invasion of Family Life, London, Palgrave Macmillan. DOI : 10.1057/978-1-137-54733-0.
  • Martin C., 2003, La Parentalité en questions. Perspectives sociologiques, Rapport pour le Haut Conseil de la Population et de la Famille, Paris, La Documentation française [en ligne : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/034000552/index.shtml], consulté le 07/05/2018.
  • En ligneMartin C. (dir.), 2014, « Être un bon parent », une injonction contemporaine, Rennes, Éditions de l’EHESP.
  • Martin C., Hammouche A., Modak M., Neyrand G., Sellenet C. et al., 2017, Accompagner les parents dans leur travail éducatif et de soin. Savoirs, questions et perspectives pour l’action publique et la recherche, Paris, La Documentation française.
  • En ligneMintz H., 2015, The Prime of Life. A History of Modern Adulthood, Cambridge, The Belknap Press.
  • En ligneNeyrand G., 2011, Soutenir et contrôler les parents. Le dispositif de parentalité, Ramonville Saint-Agne, Éditions Érès.
  • Schultheis F. et Lüscher K., 1987, « Familles et savoirs », L’Année sociologique, vol. 37, numéro « Sociologie de la famille (1965-1985) », p. 239-263.
  • Sellenet C., 2007, La Parentalité décryptée. Pertinence et dérives d’un concept, Paris, L’Harmattan.
Claude Martin
est sociologue, directeur de recherche au CNRS (Université de Rennes, UMR Arènes), titulaire de la chaire CNAF « Enfance, bien-être et parentalité » à l’École des hautes études en santé publique (EHESP). Il a publié récemment Accompagner les parents dans leur travail éducatif et de soin (La Documentation française, 2018) ; « Être un bon parent », une injonction contemporaine (Presses de l’EHESP, 2014). Ses recherches portent sur la comparaison des politiques publiques en direction de l’enfance, de la famille et de la vieillesse.
Directeur de recherche CNRS, université de Rennes – EHESP/CNRS, Arènes UMR 6051
claude.martin@ehesp.fr
Dernière publication diffusée sur Cairn.info ou sur un portail partenaire
Mis en ligne sur Cairn.info le 10/10/2018
https://doi.org/10.3917/anso.182.0455
Pour citer cet article
Distribution électronique Cairn.info pour Presses Universitaires de France © Presses Universitaires de France. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
keyboard_arrow_up
Chargement
Chargement en cours.
Veuillez patienter...