CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Si la parentalité fait l’objet dans les pays occidentaux d’un soutien institutionnel croissant, ce n’est pas un domaine qui relève des compétences de l’Union européenne. Toutefois, celle-ci agit de façon indirecte en la matière à travers ses interventions sur des sujets connexes – politiques de la famille et de l’enfance, cohésion sociale, travail, égalité des sexes, démographie..., produisant des effets normatifs controversés par certains.

2Depuis une vingtaine d’années se développent dans de nombreux pays et continents (que ce soit en Europe, aux États-Unis ou en Australie) des dispositifs qualifiés d’« accompagnement des parents », de « soutien à la parentalité », de parenting support ou parenting programs, selon l’expression retenue [1]. On assiste également à un processus d’institutionnalisation de ce domaine d’action publique émergeant avec l’apparition de textes fondateurs et de dispositifs institutionnels [2]. Au plan européen, le rôle des institutions européennes n’est pas aisé à repérer dans la mesure où l’action de l’Europe en direction de la famille et des parents n’est pas directe. Néanmoins, les effets normatifs ne sont pas négligeables et suscitent déjà un certain nombre de controverses (Daly, 2007) [3].

3Le développement de la thématique de la parentalité au plan international, et notamment européen, n’est évidemment pas le fait du hasard, mais la preuve que s’esquissent dans de nombreux pays des politiques publiques qui pourraient avoir certaines spécificités au regard du périmètre, des instruments et des objectifs habituels des politiques familiales. Assiste-t-on pour autant à un changement de paradigme dans les politiques publiques de la famille et de l’enfance (au sens d’un changement d’objectif) [4] (Mätzke et Ostner, 2010 ; Martin, 2010) ou à un simple renouvellement des instruments d’action ? À moins qu’il ne s’agisse que de l’adaptation de politiques déjà anciennes ? Ces questions sont ouvertes. Il ne faut sans doute pas en effet se laisser aveugler trop rapidement par l’idée de changement. La nouveauté des expressions peut parfois masquer une généalogie complexe, certaines de ces pratiques ayant des racines anciennes et variables dans chaque histoire nationale [5].

Le rôle subsidiaire de l’Union européenne

4L’Union européenne (UE) n’est pas compétente dans le domaine de la parentalité. Conformément au principe de subsidiarité, l’UE n’est fondée à agir dans le domaine des affaires familiales qu’à l’égard des travailleurs migrants et des membres de leur famille, conformément aux dispositions du traité de la Communauté économique européenne (CEE) relatives à la liberté de mouvement. Par conséquent, les acteurs européens ne peuvent que très difficilement traiter directement des questions relatives à la vie de famille et, a fortiori, des pratiques parentales. La discussion autour de la parentalité au sein de l’UE est donc plutôt axée sur la manière dont celle-ci pourrait traiter de la question que sur celle dont elle le fait.

5Si l’UE n’a pas démontré une volonté de réglementer directement les questions de parentalité ni de se prononcer sur le sujet, elle a tout de même développé une position sur certains sujets ayant trait à la famille et à la protection sociale, dans plusieurs domaines de la politique communautaire pouvant être considérés comme proches de la question de la parentalité. Citons la politique de cohésion et contre l’exclusion sociale, l’emploi, la conciliation entre vie professionnelle et vie de famille, le droit du travail et les conditions de travail, les retraites, les services sociaux, l’égalité entre hommes et femmes, ou encore l’immigration et l’émigration. Il est d’ailleurs possible de soutenir qu’au vu de l’importance accordée par l’UE à la politique sociale depuis 2000 (année de lancement de la stratégie de Lisbonne), son intérêt pour les questions familiales grandit ; il est par conséquent tout à fait envisageable que l’UE en vienne également à s’intéresser prochainement à la question de la parentalité.

6L’absence de mandat légal de l’UE en la matière nous conduit à aborder le rôle de l’Europe de deux manières. Nous considérerons tout d’abord les domaines connexes au travers desquels l’UE peut être amenée à développer une position sur le sujet de la parentalité, avant de repérer des outils ou leviers d’intervention.

Les droits de l’enfant

7Examinons tout d’abord la question des droits de l’enfant et de la condition de l’enfant, en nous concentrant plus spécifiquement sur la reconnaissance de leurs droits en vertu de la Charte des droits humains fondamentaux et de la communication de 2006 Vers une stratégie européenne sur les droits de l’enfant. En vue de mettre en place une stratégie commune pour tous les enfants d’Europe, cette communication visait à identifier les points nécessitant une intervention urgente ; à tenir systématiquement compte des droits de l’enfant dans toutes les politiques externes et internes de l’UE (mainstreaming) ; à créer un forum européen pour les droits de l’enfant servant de plate-forme de discussion et d’échange d’informations ; à associer les enfants au processus décisionnel et à désigner un coordinateur européen des droits de l’enfant. Outre les droits de l’enfant, l’UE s’intéresse de plus en plus à la question de son bien-être. La pauvreté et l’exclusion sociale touchant les enfants sont deux sujets parmi les quelques « enjeux forts » de l’engagement de l’UE en matière de politiques sociales, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne (Daly, 2010). Ce programme a couvert la période de 2000 à 2010 et représenté une période d’engagement communautaire important dans le domaine des politiques sociales. Dans le cadre du programme Europe 2020, qui succède à la stratégie de Lisbonne, une recommandation sur le sujet de la pauvreté des enfants était attendue pour 2012.

Les services de la petite enfance

8La question des services à la petite enfance constitue un deuxième domaine important de la politique européenne qui touche à la question de la parentalité. Ce sujet fut l’un des principaux thèmes de la stratégie de Lisbonne. En 2002, les gouvernements ont rédigé les objectifs de Barcelone, visant à éliminer les freins à la participation des femmes au marché du travail et à s’efforcer de mettre en place, à échéance de 2010, des structures d’accueil pour 90 % au moins des enfants entre 3 ans et l’âge de la scolarité obligatoire, et pour au moins 33 % des enfants âgés de moins de 3 ans. Ces objectifs n’ayant pas été atteints dans la plupart des pays, une déclaration ministérielle a été adoptée en 2010, sous la présidence belge de l’UE, appelant à la création de services à la petite enfance mieux développés et de meilleure qualité. Une communication de la Commission européenne sur l’éducation et l’accueil de la petite enfance a été adoptée en février 2011. Au-delà des questions ayant trait au bien-être et aux droits de l’enfant, l’engagement communautaire en matière d’éducation et d’accueil de la petite enfance trouve également d’autres sources. Il est en effet intimement lié à l’objectif de la performance du marché du travail, et ce à deux niveaux. Tout d’abord, l’accueil de la petite enfance est jugé essentiel pour permettre aux deux parents de travailler (c’est l’un des objectifs visés par la stratégie de Lisbonne). Il est aussi considéré comme faisant partie des efforts visant à réconcilier la vie professionnelle et la vie de famille.

9Les services à la petite enfance sont également considérés comme un enjeu important pour la participation au marché car ils contribuent au bien-être futur et aux « performances » des enfants d’aujourd’hui. À cet égard, ces services s’inscrivent dans une infrastructure globale positive pour les enfants, leur offrant un bon départ dans la vie et réduisant ainsi les risques de décrochage et d’échec dans le futur. Cette vision est en droite ligne de la notion d’investissement social, qui promeut la préservation et le développement des services publics et des prestations sociales à l’aune de leur contribution à la pérennité et au bien-être futur de la population (Jenson, 2009).

L’égalité hommes-femmes

10L’égalité hommes-femmes est un autre domaine de l’action européenne proche de la question de la parentalité. En raison de ses importantes répercussions sur les familles, les parents et leurs enfants, l’égalité entre les hommes et les femmes, et plus particulièrement le principe de l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes (article 141 du traité de la Communauté européenne), représente une priorité pour l’Union européenne. L’UE contrôle et soutient l’intégration des politiques d’égalité entre hommes et femmes. Elle traite explicitement des disparités entre les salaires des hommes et des femmes dans le cadre de diverses initiatives, notamment l’analyse de la législation en vigueur dans les États membres, dans le but d’inciter ceux-ci à faire mieux connaître les lois existantes en appliquant la législation existante sur la diffusion d’informations relatives aux mesures d’égalité hommes-femmes. De même, les congés parentaux et autres congés accordés aux parents pour prendre soin de leurs enfants sont devenus une préoccupation pour l’UE au titre de l’objectif d’égalité hommes-femmes, ainsi que la protection des salariées enceintes et les congés et autres droits accordés aux hommes au titre de leur vie de famille.

La démographie

11Enfin, l’enjeu démographique de l’Europe est lui aussi un domaine voisin de celui de la parentalité. Depuis le milieu des années 2000, l’UE cherche à inscrire cette question au premier plan et à faire réagir les États membres. À cette fin, elle organise tous les deux ans depuis 2006 un forum sur la démographie, publie chaque année un rapport sur la démographie et a constitué un groupe d’experts sur les questions démographiques, chargé de conseiller la Commission sur les évolutions démographiques et les réponses politiques appropriées à cet égard [6]. La Commission a également publié plusieurs communications sur le sujet, ainsi qu’un Livre vert (Commission européenne, 2005). La question de la solidarité entre générations est l’une des principales préoccupations en matière de développement démographique. Ce thème très général est censé traiter de l’égalité d’accès à l’emploi et de la répartition des ressources entre les générations, en insistant plus particulièrement sur les chances de réussite des jeunes. L’UE a ainsi désigné l’année 2012 « Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations ».

Les leviers d’intervention de l’Europe

12Cette déclinaison des domaines d’intervention offre quelques pistes sur la manière indirecte dont l’UE traite de sujets sur lesquels elle n’a pas compétence.

Des instruments diversifiés

13Les forums et, plus récemment, les « plate-formes », sont un des principaux moyens utilisés par l’Union européenne pour soulever des questions, en débattre et faciliter la diffusion des travaux de recherche et des idées. En 1989, l’UE met en place un Observatoire européen des politiques familiales nationales, rebaptisé un temps Observatoire européen des affaires familiales, et qui s’appelle désormais Observatoire européen de la situation sociale, de la démographie et de la famille [7]. Il a pour mission principale de recenser les tendances et évolutions des politiques familiales des États membres. Dans le même registre, l’Alliance européenne pour les familles, dont la création avait été proposée sous la présidence allemande de l’UE, voit le jour en 2007. Elle se distingue de l’Observatoire en ceci que ses intervenants et membres principaux sont des organisations familiales, alors que l’Observatoire a eu longtemps une orientation plus académique. L’Alliance n’est pas un organe de décision. Avec la participation de la Commission européenne, elle fonctionne plutôt comme un lieu de discussion et d’échange d’opinions et d’informations sur des initiatives et des bonnes pratiques mises en place au sein des différents États membres en faveur de la famille [8]. Son objectif est de favoriser une forte coopération et un partenariat efficace entre les différentes parties prenantes afin d’atteindre un meilleur équilibre entre vie professionnelle, vie de famille et vie privée en Europe. Les principaux sujets examinés par l’Alliance concernent notamment le bien-être des enfants, la conciliation entre vie professionnelle et vie de famille, les structures d’accueil des enfants et des personnes âgées, ou encore l’égalité hommes-femmes.

14Dans le contexte européen, la question de la parentalité s’inscrit d’une part dans une perspective plus large d’amélioration de la qualité de la vie de famille et, d’autre part, dans la promotion d’une culture de droits des enfants. La parentalité constitue un trait d’union important entre ces deux visées. Toutefois, à l’heure actuelle, l’UE n’a développé aucune position sur la question même de la parentalité.

Le rôle du Conseil de l’Europe

15Par ailleurs, un travail normatif est en cours via d’autres institutions, tel le Conseil de l’Europe. Le rapport publié par celui-ci en 2007 propose ainsi une certaine conception de la parentalité, dite positive (positive parenting). Cette approche a été conçue initialement dans le cadre de la réflexion menée sur les moyens de réduire la violence subie par les enfants. Elle s’intéresse aux conditions sociales à réunir pour que la fonction parentale respecte l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément à la « révolution tranquille » qu’a engendrée la convention des Nations unies sur les droits de l’enfant (Cnude) de 1989 [9].

16Dans notre présentation de ce rapport, nous avons insisté sur la composante « sociétale » de la parentalité : « Si par de nombreux aspects, son relationnel et ses pratiques sont d’ordre privé, la parentalité est également façonnée par ce que la société comprend et attend d’un comportement parental approprié et par la façon dont l’État bâtit sa politique publique » (Daly, 2007, p. 8). L’enjeu est donc résolument normatif ; nous avons même souligné le respect nécessaire du pluralisme des conduites, des comportements et des normes en la matière : un des principes « qui sous-tend l’approche du Conseil de l’Europe est qu’il n’existe pas une seule façon standardisée d’exercer le rôle de parent. (…) C’est pourquoi une approche plurielle est recommandée. (…) Dans cet état d’esprit, le rapport entreprend de définir des principes généraux en matière de parentalité plutôt que des prescriptions spécifiques. Ces principes sont conçus comme un cadre général applicable à l’exercice de la parentalité, cadre qui indique clairement les types de comportement souhaitables tout en laissant une très large latitude aux parents, quant à la manière de transposer ces généralités dans la pratique » (ibid., p. 9).

17Malgré ces précautions, des critiques ont été formulées à l’encontre de cette notion de « parentalité positive », qui promeut et étend l’influence d’une « nouvelle forme de militantisme de la cause des enfants sous couvert de lutte contre la “violence éducative” », mais surtout néglige les écarts de références normatives en fonction des milieux sociaux. Sandrine Garcia écrit ainsi à propos de ce rapport du Conseil de l’Europe : « Invoquant la “parentalité positive” pour se démarquer de la stigmatisation (et des critiques) des “mauvais parents”, ce programme métamorphose l’ethnocentrisme de classe en politique sociale. En effet, la “parentalité positive” institue comme seules légitimes des normes socialement situées (et idéalisées), à partir desquelles les autres seront constituées non seulement comme des “déviances”, mais aussi comme de la “maltraitance”, indépendamment du système de valeurs et des conditions d’existence concrètes dans lesquelles s’ancrent les pratiques éducatives » (Garcia, 2011, p. 279).

18On reconnaît ici les difficultés qu’engendrent les messages normatifs adressés aux parents dans la perspective de réduire autant que faire se peut les formes extrêmement subtiles de la violence éducative. Des chercheurs comme Franz Schultheis, Arnaud Frauenfelder et Christophe Delay s’y sont employés dans une enquête menée en Suisse sur la maltraitance. À propos de cette « difficulté à être de bons parents », ils écrivent ainsi : « La constitution d’exigences normatives en matière de bonne éducation n’est pas une tâche facile à définir pour les acteurs institutionnels. Comment faire comprendre au parent ce que signifient l’autorité, la communication (éducative) de leurs points de vue ? Comment déterminer avec précision à partir de quel seuil le laxisme ou l’autoritarisme deviennent néfastes pour l’enfant ? Autant de définitions de la bonne parentalité qui ne sont pas évidentes à déterminer et qui peuvent faire l’objet de perceptions contradictoires de la part des acteurs du dépistage » (Schultheis et al., 2007, p. 137).

Les perspectives du programme Europe 2020

19La parentalité est aussi un sujet pertinent dans le cadre du programme Europe 2020, venu remplacer la stratégie de Lisbonne et devant se développer sur une période de dix années. Toutefois, ce sujet reste encore un domaine d’action potentiel de l’UE, plutôt qu’un domaine sur lequel l’UE s’engage. L’Europe n’ayant toujours pas compétence pour statuer dans ce domaine, il est bien probable qu’un engagement communautaire à cet égard reste faible et indirect. Le système Europe 2020 repose principalement sur des objectifs, des initiatives phares et des directives. Cinq domaines feront l’objet d’une intégration à la politique communautaire et d’une réforme au moyen d’objectifs quantifiés : l’emploi, les dépenses en recherche, développement et innovation, le changement climatique et la consommation d’énergie, le décrochage scolaire et l’enseignement supérieur, ainsi que la pauvreté et l’exclusion sociale. C’est dans ces deux derniers domaines que le soutien à la parentalité peut, selon nous, s’exercer de façon la plus pertinente. Par exemple, un intérêt pour le soutien à la parentalité est implicite ou possible dans deux des dix lignes directrices intégrées au cœur d’Europe 2020 : réduire le décrochage scolaire (ligne directrice 9) et réduire de vingt millions le nombre de personnes vivant dans la pauvreté d’ici à 2020 et œuvrer pour la cohésion sociale (ligne directrice 10). La Plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale, qui regroupe les initiatives visant à favoriser la cohésion sociale et territoriale prévue par la ligne directrice 10, pourrait elle aussi inclure des politiques de soutien à la parentalité, d’autant plus que la parentalité constitue un domaine non couvert par la politique communautaire actuelle et que la Plateforme met en avant l’innovation sociale et l’expérimentation, dans une volonté de trouver de nouvelles réponses à un besoin social non satisfait. L’initiative phare « Jeunesse en mouvement » (visant à faire appliquer la ligne directrice 9) est également susceptible de proposer des avancées en matière de parentalité, étant donné qu’elle met l’accent sur l’expérience des jeunes dans le domaine de l’éducation et du passage à la vie active (en se concentrant plus particulièrement sur les enfants plus âgés).

20* * *

21Bien qu’elle ne se soit pas positionnée sur la question de la parentalité, l’UE dispose des ressources discursives pour le faire ; elle peut s’appuyer pour cela sur au moins deux décennies d’action dans plusieurs domaines liés à la famille. Dans un contexte européen, la question de la parentalité reste partagée entre différents domaines qui disposent de racines relativement solides dans la rhétorique et, parfois, dans les actions de l’UE : la réconciliation entre la vie professionnelle et la vie de famille ; l’emploi des femmes et l’égalité hommes-femmes ; une enfance sereine et un bel avenir pour les enfants, et la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en général ; le défi démographique de l’Europe et la solidarité entre les générations. Alors que l’UE se prononce de plus en plus ouvertement sur les questions familiales et continue à élargir sa conception de la famille, il est permis de penser qu’elle finira par considérer la parentalité comme un ensemble de pratiques et de domaines faisant partie intégrante du modèle social européen, et nécessitant donc une intervention plus directe.

Notes

  • [1]
    Cet article reprend et synthétise nos contributions respectives à un récent rapport du Centre d’analyse stratégique (Hamel, Lemoine et Martin, 2012).
  • [2]
    La France, pour sa part, s’est dotée en novembre 2010 d’un Comité national de soutien à la parentalité, « un organe de gouvernance rattaché au Premier ministre qui a pour objectif de contribuer à la conception, à la mise en œuvre et au suivi de la politique et des mesures de soutien à la parentalité définies par l’État et les organismes de la branche Famille des organismes de la sécurité sociale ». Voir : http://www.solidarite.gouv.fr/espaces%2C770/enfance-famille%2C774/dossiers%2C725/soutien-a-la-parentalite%2C1794/le-comite-national-de-soutien-a-la%2C2090/. La Direction générale de la cohésion sociale a également accueilli, les 6 et 7 octobre 2011, une Peer review de la Commission européenne intitulée Building a Coordinated Strategy for Parenting Support, démontrant l’engagement du gouvernement français sur cette thématique.
  • [3]
    Le Conseil de l’Europe a ainsi publié en 2007 les actes d’une conférence qui s’est tenue en 2006 : La parentalité positive dans l’Europe contemporaine (conférence des ministres européens chargés des Affaires familiales, XXVIIIe session, 16-17 mai 2006, Lisbonne, Portugal).
  • [4]
    Nous nous employons actuellement à comparer ces dispositifs et programmes de soutien à la parentalité dans quatre pays européens (Allemagne, France, Pays-Bas, Royaume-Uni) dans le cadre du programme de recherche international PolChi – Open Research Area, de l’Agence nationale de la recherche (ANR), avec nos collègues Mary Daly, Trudie Knijn, Jane Lewis et Ilona Ostner. Voir le site du projet http://www.uni-goettingen.de/en/213091.html
  • [5]
  • [6]
  • [7]
  • [8]
  • [9]
    On peut à cet égard rappeler l’importance accordée par les institutions européennes à la thématique des droits de l’enfant. Le seul Parlement européen a ainsi adopté une Charte européenne des droits de l’enfant en 1992, une convention sur les droits de l’enfant en 1996, une stratégie européenne pour les enfants en 2004 et un programme intitulé « Construire l’Europe pour et avec les enfants » en 2006.
Français

Depuis une vingtaine d’années se développent dans de nombreux pays des dispositifs qualifiés d’« accompagnement des parents », de « soutien à la parentalité » ou de parenting programs. On assiste également à un processus d’institutionnalisation de ce domaine d’action publique émergent. Au plan européen, le rôle des institutions européennes en matière de parentalité n’est pas aisé à repérer, dans la mesure où l’action de l’Europe en direction de la famille et des parents n’est pas directe. Néanmoins, et quoique indirectes, les interventions existantes et leurs effets normatifs ne sont pas négligeables et suscitent déjà un certain nombre de controverses.

Bibliographie

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Mary Daly
Sociologue
Professeure de sociologie, elle a enseigné à la Queen’s University de Belfast de 1998 à 2012 et va rejoindre l’Université d’Oxford. Elle s’intéresse aux politiques de luttes contre la pauvreté et aux politiques familiales en Europe. Elle réalise avec Trudie Knijn, Ilona Ostner et Claude Martin une recherche financée par quatre agences nationales de la recherche au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France sur les politiques de soutien à la parentalité PolChi (voir le site http://www.unigoettingen.de/en/213091.html). Parmi ses publications récentes : « What adult worker model ? A critical look at recent social policy reform from a gender and family perspective », Social Politics, 2011, vol. 18, n? 1, p. 1-23 ; « Shifts in family policy in the UK under New Labour », Journal of European Social Policy, 2010, vol. 20, n? 5, p. 433-443 et « Families versus states/markets » in Castles F. et al. (dir.), The Oxford Handbook of Comparative Welfare States, Oxford, Oxford University Press, 2010.
Claude Martin
Sociologue
Sociologue, directeur de recherche au CNRS, il dirige l’Unité mixte de recherche 6051, Centre de recherche sur l’action politique en Europe (Université de Rennes 1, Science Po Rennes, EHESP) et est titulaire de la chaire Lien social et santé – Social Care EHESP-CNSA. Il copilote avec Mary Daly, Trudie Knijn et Ilona Ostner la recherche PolChi sur les politiques de soutien à la parentalité dans quatre pays européens, avec le soutien de l’ANR et de trois autres agences de recherche http://www.unigoettingen.de/en/213091.html). Auteur d’une centaine d’articles dans des revues à comité et d’une centaine de chapitres dans des ouvrages collectifs, il a publié en 2012 : avec Castel R., Changements et pensées du changement. Échanges avec Robert Castel, La Découverte, et avec Marie-Pierre Hamel et Sylvain Lemoine, Aider les parents à être parents. Le soutien à la parentalité dans une perspective internationale, La Documentation française / Centre d’analyse stratégique.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 24/04/2013
https://doi.org/10.3917/inso.175.0120
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