CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Les politiques sociales déterminent les priorités, les moyens et les objectifs des actions de solidarité qui sont mises en œuvre au nom de l’État et soutenues par lui. Même ciblées sur des populations légitimement considérées comme en besoin d’aide, ces dispositions présentent un caractère général et impersonnel ; elles s’adressent à des catégories de la population repérées par une caractéristique commune, plus ou moins précise, plutôt qu’à des personnes considérées dans leur spécificité individuelle.

2La multiplicité des interventions entreprises ainsi par les agents du travail social et les effets malencontreux du manque de coordination entre elles ont souvent été étudiés et dénoncés – certaines familles dont les membres cumulent les conditions d’entrée dans des dispositifs différents pouvant faire l’objet de mesures mal coordonnées, elles-mêmes génératrices d’effets pervers.

3Rappelant que « le sens premier du travail social (…) est de marcher avec la personne en la considérant dans sa globalité », Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) [1], plaide dans la préface qu’elle a donnée au Livre blanc de l’accompagnement social[*] pour une démarche d’implication personnelle auprès des personnes qui sont suivies. Considérant qu’on ne naît pas précaire, exclu ou sans domicile fixe mais qu’on le devient à la suite d’une succession d’événements ou de situations vécues qui conduisent à perdre pied, l’accompagnement social global propose de prendre l’histoire individuelle des sujets à la fois comme explication des parcours qui les ont menés dans la précarité et comme éclairage du chemin qu’ils ont à parcourir sur la voie de la réinsertion.

4Les propositions avancées par la Fnars sont issues d’un travail qui s’est voulu collaboratif en associant les membres de 127 établissements (dirigeants associatifs, intervenants sociaux, bénévoles) et 44 groupes de personnes accompagnées. Elles reprennent le nom, sinon les modalités, d’un type d’intervention sociale déjà nommé « accompagnement » qui s’est développé à la fin du XXe siècle afin, alors, de réduire le nombre des prises en charge en institution et d’en limiter le coût pour la collectivité.

5Toutefois, l’idée est ici bien différente car, au lieu de conduire à une atomisation de la prise en charge, ce qui était la critique adressée à l’accompagnement « première manière », la Fnars préconise que soit reconnu et appliqué un droit à l’accompagnement social global, dont le fondement résiderait dans la reconnaissance des situations individuelles et la méthode dans des pratiques novatrices, que l’ouvrage énumère sous la forme d’engagements destinés aux associations et aux intervenants sociaux.

Notes

  • [1]
    Fnars : 76, rue du Faubourg-Saint-Denis, 75010 Paris.
  • [*]
    Fnars, 2011, Le livre blanc de l’accompagnement social, Paris, Éditions de l’Atelier.
Mis en ligne sur Cairn.info le 07/05/2012
https://doi.org/10.3917/inso.169.0085
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