CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié en 2009 Assurer le bien-être des enfants, une évaluation comparative des politiques menées en direction de la petite enfance dans ses États membres et dans d’autres pays. Cet article présente une synthèse des indicateurs utilisés pour ce travail, qui renseignent sur la situation des enfants dans trois domaines principaux : le niveau de vie, l’éducation et la prévention des problèmes de santé ou de certains comportements à risque.

2L’amélioration du bien-être et le développement des enfants, sous leurs aspects matériel, cognitif ou émotionnel, sont une motivation largement partagée des politiques mises en œuvre dans les pays développés en direction de la petite enfance. La première impulsion fut donnée par l’adoption en 1989 de la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) par les Nations unies, qui oblige les pays signataires à respecter certains droits fondamentaux reconnus aux enfants. La perspective des enfants est également mise en avant par d’autres instances internationales.

3La Commission européenne, tout d’abord, qui par le biais des Méthodes ouvertes de coordination (Moc) [1] invite les pays à comparer leurs politiques sociales du point de vue des effets produits sur la situation des enfants. De son côté, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mène, depuis la fin des années 1990, un travail d’évaluation des politiques éducatives en direction de la petite enfance. Le champ couvert par ce travail s’est progressivement élargi, jusqu’à faire l’objet d’une publication d’une comparaison des politiques visant à améliorer le bien-être des enfants, abordé dans ses multiples dimensions (OCDE, 2009). Nous présentons ici une synthèse des principaux faits stylisés mis en évidence par cette comparaison entre les pays membres de l’OCDE [2].

Le choix des indicateurs

4Un premier objectif était de dresser un panorama rendant compte des différentes dimensions du bien-être des enfants, en considérant non seulement leur développement physique mais aussi leurs conditions de vie matérielles, leur environnement éducatif et certains aspects du bien-être subjectif lié aux relations que l’enfant entretient avec ses pairs. L’optique adoptée est suffisamment large pour donner lieu à une définition du bien-être des enfants qui prenne en compte les droits politiques ou les possibilités d’épanouissement qui s’offrent à eux (Ben-Arieh et Frones, 2007). Par exemple, les ressources dont disposent les enfants pour étudier sont prises en compte ici comme un indicateur de bien-être puisqu’elles renvoient à leurs possibilités de réalisation personnelle et d’épanouissement futur. En ce qui concerne les indicateurs, ils ont été sélectionnés pour couvrir différents âges de l’enfance, lorsque les données le permettent.

5Le panorama esquissé visait ensuite à donner des informations exploitables par les deux approches présentes dans le champ d’analyse du bien-être des enfants. La première met l’accent sur les processus cumulatifs de développement des capacités cognitives, sociales ou émotionnelles au cours de l’enfance et, de ce fait, permet d’identifier les carences pouvant elles-mêmes s’accumuler durant cette période ; la seconde approche est plus directement concernée par la garantie de certains droits aux enfants en matière de conditions de vie, d’accès aux soins élémentaires et aux services susceptibles de favoriser le développement.

6La comparaison proposée dans ce travail s’appuie ainsi sur une très grande variété d’indicateurs renseignant sur la situation des enfants dans trois domaines principaux : le niveau de vie, l’éducation et la prévention des problèmes de santé ou du développement de certains comportements à risque. Les principaux critères de sélection des indicateurs ont été : la disponibilité de données récentes, leur comparabilité, l’existence d’informations spécifiques pour les filles et pour les garçons et/ou pour différents âges de l’enfance. De plus, certains indicateurs ont pu être préférés à d’autres pour leur plus grande proximité avec l’action publique : par exemple, les brimades subies à l’école ont été retenues comme un indicateur de bien-être social car l’action publique est en mesure de modifier l’environnement scolaire.

Le niveau de vie des enfants

7Les conditions de vie matérielle des enfants sont tout d’abord appréhendées par trois indicateurs : le revenu disponible moyen des familles, le taux de pauvreté des enfants et l’existence de carences dans les ressources dont disposent les enfants pour étudier. Celles-ci comprennent un dictionnaire, une calculatrice, des manuels et un endroit tranquille pour travailler ainsi que, modernité oblige, un ordinateur, une connexion Internet et des logiciels didactiques. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, seulement 3,5 % des enfants sont dépourvus de plus de la moitié de ces outils essentiels. Au Mexique et en Turquie, qui comptent parmi les plus pauvres de la zone de l’OCDE en termes de revenu, 13 à 14 % des enfants sont en situation de dénuement éducatif. Mais dans deux des pays de l’OCDE les plus riches, à savoir le Japon et les États-Unis, respectivement 5,6 % et 4,8 % des enfants sont privés de plus de la moitié des ressources éducatives indispensables. Malgré un niveau de vie moyen des familles relativement élevé dans ces deux pays, ce taux de « dénuement éducatif » marque ainsi l’existence de fortes inégalités. La pauvreté affecte, quant à elle, en moyenne 12,4 % des ménages avec enfants au sein de l’OCDE [3]. Dans la moitié des pays, le taux de pauvreté monétaire des enfants se situe entre 8 % et 16 % (voir graphique 1). Les taux de pauvreté des enfants sont les plus élevés aux États-Unis, au Mexique, en Pologne et en Turquie, où ils dépassent 20 %. En revanche, au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède, moins de 5 % des enfants vivent dans des ménages pauvres.

Graphique 1

Taux de pauvreté des enfants dans les pays de l’OCDE

Graphique 1

Taux de pauvreté des enfants dans les pays de l’OCDE

Source : OCDE, Croissance et inégalités. Distribution des revenus et pauvreté dans les pays de l’OCDE, octobre 2008.

8En ce qui concerne le logement et l’environnement dans lesquels vivent les enfants, en moyenne, environ un enfant sur trois vit dans un logement sur- peuplé, c’est-à-dire où il y a moins d’une pièce par membre du ménage (la cuisine et la salle de bains étant exclues). La proportion est proche de un sur deux, ou plus, dans sept pays : la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Mexique, la Pologne, la République slovaque et la République tchèque. En outre, environ un enfant sur quatre vit dans un environnement dont la qualité est médiocre en raison du bruit, de la pollution, de la présence de détritus, du vandalisme, etc.

Les conditions d’éducation et les performances scolaires

9Les compétences acquises par les jeunes âgés de 15 ans sont comparées par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) [4] qui mesure les acquis en matière de compréhension de l’écrit, de cultures mathématique et scientifique. Les performances les plus faibles sont observées en Turquie et au Mexique. Les acquis scolaires des jeunes de 15 ans sont également faibles dans certains pays d’Europe du Sud – Espagne, Grèce, Italie et Portugal – et aux États-Unis. Les meilleurs résultats aux épreuves du Pisa ont été obtenus dans les pays de l’OCDE qui se situent en Asie et dans le Pacifique – Corée du Sud et Japon, Australie et Nouvelle-Zélande – ainsi qu’au Canada, en Finlande et aux Pays-Bas.

Écarts entre individus

10Les écarts entre individus sont aussi pris en compte pour comparer les performances scolaires (voir graphique 2). Dans bon nombre des pays où les résultats moyens obtenus aux épreuves du Pisa sont faibles – comme les États-Unis, l’Italie et le Mexique – ces écarts sont également importants. Mais ils le sont aussi dans certains des pays où les résultats globaux des tests de l’enquête sont proches de la moyenne de la zone de l’OCDE, comme la Belgique, la France ou la République tchèque.

Graphique 2

Inégalités de niveau éducatif entre des jeunes de 15 ans dans la zone OCDE, par sexe - Ratio entres les scores du 9e et du 1er déciles pour le score moyen de littératie obtenu aux tests du Pisa par des jeunes de 15 ans, par sexe, 2006.

Graphique 2

Inégalités de niveau éducatif entre des jeunes de 15 ans dans la zone OCDE, par sexe - Ratio entres les scores du 9e et du 1er déciles pour le score moyen de littératie obtenu aux tests du Pisa par des jeunes de 15 ans, par sexe, 2006.

Source : Programme for International Student Assessment (Pisa), OCDE.

11Le dernier indicateur du bien-être en matière d’éducation concerne les enfants plus âgés qui, à l’issue de la scolarité obligatoire, ne parviennent pas à trouver un emploi ou à tirer parti des possibilités de formation qui peuvent s’offrir. Le Mexique et la Turquie constituent là encore des cas atypiques car ils enregistrent une proportion beaucoup plus forte de jeunes qui ne sont ni scolarisés, ni pourvus d’un emploi, ni en formation. Mais la part de jeunes dans cette situation est aussi très supérieure à la moyenne de la zone de l’OCDE (7,9 %) en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni.

12Lorsque l’on réunit les trois indicateurs considérés, on constate que le niveau de bien-être en matière d’éducation est élevé dans sept pays, notamment au Canada, en Corée du Sud et en Finlande. Il est particulièrement médiocre dans cinq pays, à savoir la Grèce, l’Italie, le Mexique, le Portugal et la Turquie.

13En ce qui concerne la qualité de la vie scolaire, elle est mesurée par deux indicateurs. En moyenne, 11 % des enfants âgés de 11, 13 et 15 ans déclarent subir en permanence des brimades à l’école. La proportion atteint plus du double en Grèce et en Turquie (22 % et 25,3 %) et elle est forte en Autriche (15,6 %). C’est en Espagne et en Suède que le harcèlement est le plus rare.

14Le second indicateur de la qualité de la vie scolaire est donné par l’appréciation globale que portent les enfants sur l’école, en déclarant aimer ou non cette dernière. Dans la majorité des cas, ces réponses sont négatives : ils ne sont en moyenne que 27 % à se dire heureux à l’école. La Turquie est le seul pays où la majorité des enfants aiment l’école, malgré la fréquence élevée des brimades et des bagarres. Le degré de satisfaction à l’égard de l’école est le plus faible en Finlande, en Italie, en République slovaque et en République tchèque, où moins d’un enfant sur cinq déclare aimer l’école.

15Lorsque l’on considère les deux indicateurs ensemble, il semble que la qualité de la vie scolaire soit la meilleure dans les pays nordiques, de même qu’en Espagne, en Hongrie et au Royaume-Uni.

Santé et prévention de comportements à risques

La santé

16Le premier indicateur de la protection de l’enfant se rapporte principalement à la santé. Il est défini d’après huit indicateurs fondamentaux correspondant à des problèmes de santé et de sécurité qui se posent à différents stades de l’enfance. Trois d’entre eux concernent la naissance et la première année de la vie. Premièrement, la mortalité infantile (décès survenant avant le 1er anniversaire) est en moyenne de 5,4 pour 1 000 dans les pays de l’OCDE. Elle est trois à quatre fois supérieure au Mexique et en Turquie et est également plus élevée que la moyenne aux États-Unis, en Hongrie, en Pologne et en République slovaque. Deuxièmement, 6,6 % des bébés ont en moyenne un poids de naissance insuffisant (inférieur à 2,5 kg ou 5,5 livres). Plus l’insuffisance pondérale à la naissance est fréquente, plus la mortalité infantile tend à être élevée. Il existe cependant des exceptions : par exemple, le Japon se situe au 4e rang des trente pays de l’OCDE pour la mortalité infantile alors que 9,5 % de ses nouveau-nés sont en insuffisance pondérale, soit en avant-dernière position. Troisièmement, les comportements d’allaitement sont aussi variables. Dans les pays de l’OCDE, 86 % des enfants ont été allaités à un moment ou à un autre de la prime enfance. Le taux d’allaitement [5] est toutefois très inférieur en France (63 %) et en Irlande (seulement 41 %).

17Deux indicateurs concernent tout particulièrement la première enfance : la vaccination contre la coqueluche et la rougeole. La couverture vaccinale est quasiment universelle dans les pays d’Europe orientale. Elle est supérieure à 90 % dans tous les pays de l’OCDE, sauf cinq pour la coqueluche et dans deux pays sur trois pour la rougeole. Les taux de vaccination contre ces deux maladies sont relativement faibles en Autriche et au Canada.

18Deux autres indicateurs se rapportent à l’activité physique et au taux de suicide chez les enfants relativement grands (11, 13 et 15 ans). Premièrement, seul un sur cinq exerce une activité physique selon les normes recommandées. Les enfants les plus sédentaires se trouvent en France et en Suisse, et les plus actifs en Irlande et en République slovaque. Deuxièmement, le suicide est plus fréquent chez les garçons et jeunes hommes que chez les filles et jeunes femmes. Chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, les premiers sont à peu près trois fois plus nombreux que les secondes à se donner la mort. C’est en Finlande et en Nouvelle-Zélande que les taux globaux de suicide chez les jeunes sont les plus élevés.

19L’analyse de ces sept indicateurs de santé et de sécurité, conjuguée avec celle de la mortalité dans l’enfance (de 1 à 19 ans) permet d’obtenir un indicateur global de santé et de sécurité. Une douzaine de pays se situent nettement au-dessus de la moyenne de la zone de l’OCDE pour cet indicateur, dont la plupart des pays nordiques et des pays d’Europe orientale membres de l’OCDE ainsi que l’Allemagne et les Pays-Bas, entre autres. Et neuf pays se classent très au-dessous de la moyenne, à savoir l’Autriche, la Belgique, le Canada, les États-Unis, la Grèce, l’Irlande, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et la Turquie.

Les comportements à risques

20Au-delà des strictes questions de santé et de sécurité, il existe un ensemble de comportements à risques contre lesquels les pouvoirs publics tentent de lutter. Les principaux concernent la consommation d’alcool et de tabac.

21Un peu moins d’un enfant de 13 ans sur dix et près d’un adolescent de 15 ans sur trois déclarent avoir été ivres à deux reprises ou davantage. C’est au Danemark, en Finlande et au Royaume-Uni que la consommation de boissons alcoolisées par les adolescents est la plus répandue et aux États-Unis, en Grèce et en Italie qu’elle est la plus rare. Environ 17 % des jeunes âgés de 15 ans fument. Quant au tabagisme, il est particulièrement fréquent en Autriche, en Finlande, en Hongrie et en République tchèque tandis que les adolescents fumeurs sont les moins nombreux au Canada, aux États-Unis et en Suède. Enfin, le taux de fécondité des adolescentes est de beaucoup le plus élevé aux États-Unis, au Mexique et en Turquie, où le nombre de naissances enregistrées chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans est trois à quatre fois supérieur à la moyenne de la zone de l’OCDE. Il est le plus bas en Corée du Sud, au Japon, aux Pays-Bas et en Suisse.

22La synthèse de ces trois indicateurs rend compte de l’importance des comportements à risques dans la zone de l’OCDE. Les enfants de Corée du Sud, du Japon, de Norvège et de Suède sont de loin les moins nombreux à avoir ces comportements, alors que ceux-ci sont en revanche beaucoup plus répandus que la moyenne en Autriche, en Finlande, en Hongrie, au Mexique, au Royaume-Uni et en Turquie.

23Dans les cas où l’on dispose de données par sexe, on constate que les résultats sont en général plus favorables pour les filles que les garçons. Les résultats scolaires des premières sont meilleurs, ainsi que leur état de santé, et elles sont aussi moins souvent exposées à une situation de dénuement éducatif. Les résultats obtenus par les filles âgées de 15 ans aux épreuves du Pisa sont légèrement supérieurs à ceux des garçons dans tous les pays, excepté aux États-Unis. Les inégalités relatives aux acquis scolaires sont plus fortes chez les garçons que chez les filles sans exception. Dans tous les pays également, les taux de mortalité dans l’enfance et de suicide sont plus élevés chez les premiers que chez les secondes. Les garçons font presque toujours davantage état de brimades que les filles. Enfin, celles-ci déclarent plus souvent aimer l’école que les garçons, quel que soit leur âge de 11 à 15 ans.

Panorama général

24Qu’obtient-on dès lors que l’on rassemble ces éléments pour comparer la situation globale des pays ? S’il est possible de présenter les indicateurs en considérant les indices pour chaque dimension, ces données ne permettent pas de fournir un indicateur global. Et ce pour deux raisons : d’une part, les données n’étaient pas systématiquement disponibles pour l’ensemble des pays. D’autre part, on ne dispose pas d’arguments théoriques solides qui permettraient de guider une agrégation de ces différentes dimensions. Le tableau ci-après permet donc de comparer la situation relative des pays pour chaque dimension : bien-être matériel, logement et environnement, bien-être éducationnel, santé et sécurité, comportements à risques, qualité de la vie scolaire. Aucun pays ne surpasse les autres pour tous les aspects du bien-être des enfants. Les pays nordiques et les Pays-Bas obtiennent dans l’ensemble de bons résultats, c’est-à-dire supérieurs à la moyenne, pour la plupart des indicateurs du bien-être des enfants. Ce sont le plus souvent les pays membres de l’OCDE aux revenus les plus bas, à savoir le Mexique et la Turquie, qui enregistrent les chiffres les plus faibles. Dans certains pays d’Europe – Grèce, Italie et Portugal – ainsi qu’aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, les résultats sont faibles pour un grand nombre d’indicateurs. Vingt-quatre pays présentent une performance plus élevée que la moyenne dans au moins une dimension et six pays n’en affichent aucune (États-Unis, Italie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pologne, Turquie).

Tableau. Le classement des pays de l’OCDE - (1 = pays classé au 1er rang)

tableau im3
Bien-être matériel Logement et environnement Bien-être éducationnel Santé et sécurité Comportements à risques Qualité de la vie scolaire ? Australie 15 2 6 15 17 n.d. ? Autriche 5 9 18 27 27 11 ? Belgique 11 11 20 26 13 19 ? Canada 14 n.d. 3 22 10 16 ? Rép. tchèque 18 24 19 5 23 17 ? Danemark 2 6 7 4 21 8 ? Finlande 4 7 1 6 26 18 ? France 10 10 23 19 12 22 ? Allemagne 16 18 15 9 18 9 ? Grèce 26 19 27 23 7 24 ? Hongrie 20 21 12 11 25 7 ? Islande 8 4 14 2 8 1 ? Irlande 17 5 5 25 19 10 ? Italie 19 23 28 17 11 20 ? Japon 22 16 11 13 2 n.d. ? Corée 13 n.d. 2 10 2 n.d. ? Luxembourg 3 8 17 7 14 23 ? Mexique 29 26 29 28 30 n.d. ? Pays-Bas 9 17 4 8 9 3 ? N.- Zélande 21 14 13 29 24 n.d. ? Norvège 1 1 16 16 4 2 ? Pologne 28 22 8 14 20 15 ? Portugal 25 20 26 18 6 21 ? Rép. slovaque 27 25 24 1 22 25 ? Espagne 24 13 21 12 16 6 ? Suède 6 3 9 3 1 5 ? Suisse 7 n.d. 10 21 5 13 ? Turquie 30 n.d. 30 30 29 12 ? Royaume-Uni 12 15 22 20 28 4 ? États-Unis 23 12 25 24 15 14 Les pays ayant de bons résultats ou des résultats médiocres se situent un demi-écart type respectivement au-dessus et au-dessous de la moyenne. L’écart type est dans ce cas (une trentaine de pays) une bonne estimation de l’intervalle de confiance à 99 % englobant le score moyen. Un score supérieur ou inférieur à la moyenne de +/- un demi-écart type est donc considéré comme significativement différent de la moyenne OCDE. Ces scores sont signalés par la couleur (score plus élevé) ou grisé (score inférieur). Source : OCDE, 2009, Améliorer le bien-être des enfants.

Tableau. Le classement des pays de l’OCDE - (1 = pays classé au 1er rang)

25Si le tableau est parfaitement clair pour les six indicateurs, il l’est moins pour une minorité d’autres. Par exemple, s’agissant des comportements à risques, les filles sont plus susceptibles de fumer dans 60 % des pays, alors que les garçons sont plus nombreux à avoir été ivres dans 70 % d’entre eux. Les jeunes hommes sont plus souvent non scolarisés, ni pourvus d’un emploi, ni en formation dans la moitié des pays, et les jeunes femmes dans un quart (soit deux fois moins). La proportion de jeunes qui sont dans cette situation est la même pour les deux sexes dans les pays constituant le dernier quart.

La situation en France

26En France, les résultats concernant la santé sont plus mitigés : l’activité physique régulière concerne seulement un enfant de 11 à 15 ans sur sept, alors que la moyenne de l’OCDE est de un sur cinq. Toutefois, le taux de suicide parmi les adolescents est plus faible (4,4 pour 100 000) que la moyenne (6,3). Sa meilleure place se situe au niveau du bien-être matériel : les enfants vivent dans des familles dont le revenu est légèrement inférieur à la moyenne OCDE (19 200 US$ PPP) [6], toutefois seuls 7,6 % des enfants vivent dans des ménages pauvres contre 12,6 % en moyenne OCDE. Par ailleurs, seuls 12 enfants sur 1 000 sont privés de ressources de base pour étudier, alors que la moyenne est de 35 pour 1 000.

Notes

  • [1]
    Les Méthodes ouvertes de coordination (Moc) sont des processus d’échange d’informations pilotés par la Commission européenne. Elles ont pour but d’inciter les pays de l’Union européenne à comparer leurs politiques et à échanger sur des pratiques et innovations mises en œuvre. Ces processus sont dits « ouverts » dans la mesure où ils incitent les pays à coopérer sans imposer d’obligations ni de sanctions. Trois chapitres composent aujourd’hui ces Moc : la santé, les retraites et l’inclusion sociale.
  • [2]
    Simon Chapple et Dominic Richardson sont les auteurs du rapport. Le présent article reprend des éléments d’une synthèse à laquelle ont aussi contribué Edward Whitehouse et Monika Queisser.
  • [3]
    Le taux de pauvreté est défini ici comme la proportion de ménages avec enfants disposant d’un revenu « équivalent » inférieur ou égal à la moitié du revenu médian en 2005.
  • [4]
    Le Programme for International Student Assessment (Pisa) est une enquête menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans, dans ses 30 pays membres et de nombreux pays partenaires. Elle évalue l’acquisition de savoirs et de savoir-faire essentiels à la vie quotidienne au terme de la scolarité obligatoire.
  • [5]
    Le taux d’allaitement est inclus ici comme un indicateur de condition de vie en fonction des positions de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) et de l’Unicef qui recommandent de pratiquer, lorsque les mères le peuvent, un allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie de l’enfant, et la poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge d’au moins 2 ans, en l’associant à une alimentation complémentaire.
  • [6]
    PPP : parité de pouvoir d’achat. L’estimation tient compte ici des différences de pouvoir d’achat entre devises. Pour cela, le taux de change est exprimé en parité de pouvoir d’achat prenant en compte ces différences.
Français

Résumé

Le bien-être des enfants est l’une des grandes priorités des politiques publiques dans les pays de l’OCDE. Mais quel est le degré réel de bien-être des enfants aujourd’hui ? C’est une question à laquelle l’ouvrage de l’OCDE Assurer le bien-être des enfants, publié en 2009, apporte quelques éclairages en comparant les politiques en la matière dans les trente pays de la zone OCDE et au-delà. Cet article présente les indicateurs du bien-être des enfants comparés dans cette publication, qui couvrent six dimensions essentielles : le bien-être matériel, le logement et l’environnement, l’éducation, la santé et la sécurité, les comportements à risque et la qualité de la vie scolaire.

Bibliographie

  • En ligneBen-Arieh A. et Frones I., 2007, « Indicators of Children’s Well being : What should be measured and why ? », Social Indicators Research, n° 84, p. 249-250.
  • OCDE, 2009, Assurer le bien-être des enfants, Paris, éd., OCDE.
Olivier Thévenon
Économiste à l’Institut national d’études démographiques (Ined) et à la division des politiques sociales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ses travaux portent sur les politiques familiales et leur impact sur l’activité des femmes et la fécondité. Ses publications en 2009 incluent « L’augmentation de l’activité des femmes en Europe : progrès de la conciliation ou polarisation des comportements ? », Ined, Population 6, vol. 64, n° 2, p. 263-304 ; « Compenser le coût des enfants : quelles implications pour les politiques familiales ? », Cnaf, Politiques Sociales et Familiales, n° 98, p. 85-95 ; Adema W., Huerta M., Panzera A., Thévenon O. et Pearson M., « The OECD Family Database : developping a national tool for assessing family policies and outcomes », Child Indicators Research, Springer Netherlands, vol. 2, n° 4, p. 437-460.
Mis en ligne sur Cairn.info le 11/10/2010
https://doi.org/10.3917/inso.160.0020
Pour citer cet article
Distribution électronique Cairn.info pour Caisse nationale d'allocations familiales © Caisse nationale d'allocations familiales. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
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