CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1 – Introduction

1Le soutien à la création d’activité, principalement la création d’entreprise, connaît en France depuis la fin des années 1970 une croissance soutenue appuyée par les pouvoirs publics qui en ont fait une des composantes de leur politique de l’emploi [Darbus, 2008]. Des organismes d’accompagnement et de financement à la création d’activité, le plus souvent prenant la forme associative, ont commencé à voir le jour à partir des années 1980. Les principaux organismes sont l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE), France initiative (FI) et France active. Ils apportent aux porteurs de projet des financements mais aussi un suivi, des conseils... avant et après le démarrage de l’activité afin de maximiser les chances de réussite des projets de création? [1]. Leur action présente une forte originalité dans la mesure où ils mobilisent plusieurs types d’acteurs autour des porteurs de projet :

  • les organisations bancaires afin d’assurer le financement des créations d’activité ;
  • les institutions publiques afin de garantir le financement de leurs activités de financement et d’accompagnement et/ou des porteurs de projet ;
  • les entreprises afin qu’elles apportent aux porteurs de projet leurs expériences et leurs conseils.
Il est courant d’inscrire ces organismes dans le champ de l’économie sociale et solidaire – on parle alors de finance solidaire – parce qu’ils fonctionnent sur l’hybridation des ressources, s’appuient sur le bénévolat et entendent promouvoir un droit à l’initiative économique (pour reprendre le nom de l’ADIE) quelle que soit la situation du public concerné. L’objectif commun des différentes structures de finance solidaire est, en effet, de faciliter l’accès des circuits financiers pour tous. Ainsi s’adressent-elles à des publics en difficulté qui, pour sortir de leur situation de précarité, créent leurs propres activités économiques. La création d’activité peut être assimilée dans cette perspective à un mode d’insertion économique et sociale contraint parce qu’elle constitue la dernière alternative pour exercer une activité économique rémunérée après l’échec de l’insertion salariale [Ferraton et Vallat, 2004].

2Cependant, au-delà de cet objectif commun, le champ de la finance solidaire est loin d’être homogène. De manière très schématique, il est possible de distinguer deux grandes conceptions de la finance solidaire [Glemain et Taupin, 2007a]. Considérée par les uns dans une perspective d’économie sociale et solidaire comme une appropriation citoyenne des services bancaires et financiers, d’autres en font davantage un instrument de lutte contre l’exclusion et de cohésion sociale. Cette dernière conception très large peut être partagée par les tenants de l’économie sociale et solidaire mais aussi par les promoteurs du libéralisme, comme le montre le soutien des grandes organisations internationales à la microfinance au Sud.

3La démarche entrepreneuriale des porteurs de projet soutenus par ces organismes de finance solidaire présente des spécificités. Elle s’inscrit en effet dans un cadre collectif dans lequel différents acteurs privés et publics interviennent et participent à la bonne réussite des projets de création.

4La prise de risque n’est pas qu’individuelle dans la mesure où certains des acteurs privés et publics dont les organismes de finance solidaire acceptent de prendre en charge une partie de celui-ci. Le soutien à la création d’activité délivré par les organismes de finance solidaire introduit un modèle entrepreneurial a priori inédit. Celui-ci ne se réduit pas à une démarche individuelle où l’entrepreneur innove en créant des opportunités d’investissement et de profit et en en assumant la prise de risque à l’instar de l’entrepreneur schumpetérien. Il revêt au contraire une dimension collective affirmée où l’entrepreneur, loin d’être isolé, bénéficie du soutien, parfois désintéressé, de plusieurs acteurs privés et publics afin de maximiser les chances de réussite et de pérennisation de l’activité économique créée. Cette dimension collective s’apprécie moins par le nombre d’acteurs concernés que par le degré d’implication de ces acteurs dans les projets soutenus. Pour autant, le soutien à la création d’activité offert par les organismes de finance solidaire auprès de publics en difficulté peut-il constituer un modèle entrepreneurial spécifique à la fois efficace et répondant bien aux finalités propres des organismes de finance solidaire (la libre initiative économique en particulier) ?

5L’efficacité de la finance solidaire ne semble pas aujourd’hui souffrir de contestation dans la mesure où, d’une part, les taux de remboursement des financements octroyés sont très élevés et, d’autre part, les taux de pérennisation des activités et entreprises créées sont sensiblement identiques, voire supérieurs, à celui de la moyenne nationale. C’est davantage la combinaison d’objectifs sociaux et d’efficacité économique qui peut poser des difficultés. Est-il possible d’atteindre ce double objectif en dépit d’une participation croissante des organisations bancaires et d’une dépendance forte des organismes de finance solidaire à l’égard des financements publics ? Le souci d’atteindre un certain niveau de rentabilité de la part des organisations bancaires d’un côté, et la faible autonomie et donc la dégradation de la maîtrise de la logique du projet qu’induit la dépendance financière vis-à-vis des financements publics de l’autre, ne remettent-ils pas en question la dimension sociale de la finance solidaire ?

6L’implication d’acteurs différents dans l’offre de la finance solidaire mérite ainsi attention car celle-ci est susceptible d’évoluer suivant le poids et les prérogatives donnés à chacun de ces acteurs. Dans cette dernière perspective, différentes évolutions sont envisageables qui peuvent se démarquer du projet originel de la finance solidaire.

7Le propos de cet article consiste ainsi, dans un contexte d’évolution de la finance solidaire, à dégager les spécificités des entrepreneurs bénéficiant de l’appui d’organismes de finance solidaire afin de cerner et de questionner les contours encore flous du modèle d’entrepreneur collectif.
Après avoir présenté l’offre de finance solidaire (1) et la dimension partenariale qui la sous-tend (2), nous verrons que différentes configurations entrepreneuriales peuvent être mises en exergue dans lesquelles varie la dimension collective et sociale du soutien à la création d’activité (3).

2 – L’offre de finance solidaire en France

8La finance solidaire n’est pas qu’un phénomène contemporain. Les premières expérimentations de crédit populaire à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle, en Allemagne, en France et en Italie principalement, présentent en effet des convergences certaines avec les pratiques de finance solidaire contemporaine. Néanmoins, ces dernières ne présupposent pas la constitution d’une épargne préalable contrairement au crédit populaire. Le crédit précède la constitution du capital nécessaire à son remboursement. La finance solidaire dans les pays du Nord a aussi été fortement influencée par les expériences de crédit populaire dans les pays du Sud et du continent d’Amérique du Nord au xxe siècle [Vallat, 1999a ; 1999b].

9Les premières pratiques de finance solidaire apparaissent en France au cours des années 1980. Elles partagent l’objectif de permettre à des personnes ayant des difficultés d’accès au système bancaire de créer leurs propres activités économiques, et ainsi de créer leurs propres emplois. Leur intervention est financière par le biais d’octroi de crédit, l’apport de garantie ou de prise de participation, mais aussi non financière à travers un accompagnement en amont et en aval des créations d’activité.

10La finance solidaire doit son développement en grande partie aux difficultés d’accès d’une partie des porteurs de projet au financement bancaire : le « creux bancaire » [Guérin et Vallat, 2000]. Au cours de l’année 2008, 37 % des créations d’entreprise ont bénéficié d’un prêt bancaire. On notera que durant la même année 10 % ont bénéficié d’un prêt d’honneur [Apce, 2009]. Or plus les moyens financiers au départ de la création de l’entreprise sont conséquents, plus le taux de pérennité est élevé [Deprez et Wach, 2009]. Cependant, la contrainte financière s’accompagne souvent d’autres contraintes non financières tenant à l’isolement, au manque d’expérience… des créateurs, en particulier pour les publics des organismes de finance solidaire. Comment expliquer la modeste implication des organisations bancaires dans la création d’activité ? Trois raisons sont couramment avancées [Guérin et Vallat, 2000] :

  • La multiplication des coûts d’exploitation [Godley et Ross, 1996] causée par les petits prêts n’est pas rentable comparativement aux prêts avec des montants plus élevés. Les organisations bancaires ont tout intérêt de privilégier les prêts importants parce qu’ils leur coûtent moins que les micro-prêts.
  • Les caractéristiques des projets d’un côté et des créateurs de l’autre peuvent être aussi défavorables à l’obtention d’un financement bancaire. Plusieurs éléments entrent ici en ligne de compte : la rentabilité attendue du projet de création qui ne permet pas le remboursement de l’emprunt, les fonds propres trop faibles, la viabilité du projet de création, le manque d’expérience dans le secteur d’activité, les faibles compétences et/ou qualifications du porteur de projet, enfin l’historique du compte personnel du porteur de projet.
  • Le décalage « culturel » (langages, « codes de conduite »…) entre les créateurs et le personnel bancaire est aussi souvent un facteur dirimant qui explique pourquoi les organisations bancaires jugent peu crédibles certaines demandes de financement de création d’activité.
Pour répondre, au moins partiellement à ce « creux bancaire », les organismes de finance solidaire proposent des solutions de financement innovantes qui permettent d’augmenter les moyens financiers au démarrage des micro-entreprises. Leur objectif n’est pas de délivrer un financement alternatif au financement bancaire mais bien au contraire d’inciter les organisations bancaires par leur médiation à financer des projets de création d’activité qu’a priori elles ne comptaient pas financer. Pour atteindre cet objectif, deux grandes stratégies sont à l’œuvre parmi les organismes de finance solidaire :

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  • Soit ils financent directement les porteurs de projet avec les financements qui leur sont attribués par les organisations bancaires. Généralement, les prêts ainsi délivrés ne peuvent pas être cumulés avec des prêts bancaires. L’ADIE a opté pour cette solution depuis que la loi du 15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques (n° 2001-420) lui autorise d’emprunter auprès des organisations bancaires pour prêter directement aux porteurs de projet.
  • Soit ils octroient des financements ou apportent des garanties financières aux porteurs de projet dans le but d’inciter les organisations bancaires à leur octroyer de nouveaux prêts afin d’accroître les moyens financiers au démarrage de la création d’activité. France initiative ou encore France active privilégient cette dernière option, la première en délivrant des prêts d’honneur, la seconde en apportant des fonds de garantie.
Le développement des organisations de finance solidaire reste indissociable de la volonté de l’État, soutenu par certains acteurs privés recherchant à stimuler la libre initiative économique et à répondre au problème de l’emploi, de faire émerger un champ professionnel de l’accompagnement à la création d’activité [Darbus, 2008, p. 19]. La finance solidaire constitue ainsi le produit de solidarités volontaires et de solidarité publique [Vallat, 2002].

12L’offre de finance solidaire n’a cessé de croître depuis les années 1980. Les deux principaux animateurs, l’ADIE et France initiative, atteignent aujourd’hui des volumes de création d’activité relativement élevés. En 2008, l’ADIE a délivré 12 824 microcrédits et suivait 22 097 clients. La croissance annuelle du nombre de microcrédits a toujours été positive depuis les débuts de l’ADIE. Celle-ci a même enrichi son offre, notamment en expérimentant les microcrédits personnels pour l’emploi. France initiative dépasse légèrement l’ADIE puisque les différentes plates-formes du réseau ont octroyé 13 600 microcrédits en 2008. À la différence de l’ADIE, les crédits délivrés sont sans taux d’intérêt (prêts d’honneur octroyés grâce à des partenariats publics locaux).

13Il convient de souligner un changement notoire dans le soutien à la création d’activité depuis les années 1980. Les organisations bancaires étaient initialement peu présentes. Leur contribution croissante a conduit à un changement qualitatif dans l’offre de finance solidaire : composée au départ principalement de subventions et de prêts d’honneur (sans intérêts), les prêts avec intérêts ont pris progressivement de l’importance et les critères d’attribution des aides se sont durcies [Darbus, 2008, p. 23].

14De plus, sous l’impulsion des pouvoirs publics et l’encouragement d’acteurs privés, on assiste à partir des années 1990 à une « sécurisation croissante du statut de l’entrepreneur » [Darbus, 208, p. 33] (notamment avec les couveuses d’activité et d’entreprise, les coopératives d’activité et d’emploi et le cumul possible de revenus sociaux et de revenus d’activités, etc.)
La création d’activité représente un moyen souvent contraint d’insertion économique et sociale pour des publics en situation de précarité, dernière alternative face aux difficultés d’accès à l’emploi salarié. Ainsi, en 2008, la situation des créateurs juste avant la création de l’entreprise était respectivement pour 40 % et 10 % d’entre eux le chômage et l’inactivité [Apce, 2009]. Ces parts ont peu évolué depuis 2006. Par contre, elles ont sensiblement évolué depuis 2002, la part des inactifs était de 14 % alors que celle des chômeurs n’était que de 34 % [Kerjosse, 2007].
Pour beaucoup d’acteurs de la finance solidaire, l’offre existante de soutien à la création d’activité est encore aujourd’hui insuffisante au regard des besoins [DeBandt et Nowak, 2006 ; Lagalaye et Raobe, 2008]. La complexité et la rigidité institutionnelle et juridique en matière de création d’activité sont souvent invoquées comme une des causes de ce déséquilibre bien que des assouplissements aient été introduits au cours de ces dernières années (par exemple, l’article 7 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises supprime le taux de l’usure pour les prêts accordés aux entreprises individuelles).

3 – Un soutien partenarial à la création d’activité

15La finance solidaire ne constitue pas un champ autonome en soi. Elle ne pourrait fonctionner sans le soutien d’acteurs privés et publics. Les organisations bancaires dans lesquelles figurent les principales banques coopératives, les institutions publiques (collectivités territoriales, État, Union européenne, parmi les principales) et les entreprises contribuent à l’offre de finance solidaire indirectement, notamment par le financement des organismes de finance solidaire, et/ou directement, en particulier par l’appui financier et non financier (accompagnement) des porteurs de projets (voir le schéma 1 ci-dessous). Il serait donc erroné de considérer la finance solidaire comme un secteur à part entière avec sa logique propre, distinguable des autres secteurs de l’économie. L’un des objectifs communs des différents acteurs de la finance solidaire est d’insérer dans le circuit financier les créateurs et non de se substituer à l’offre bancaire et de créer ainsi une offre spécifique dédiée aux publics en situation de précarité souhaitant créer leurs propres emplois par la création d’activité.

16La prise en compte des finalités propres des partenaires de la finance solidaire, en particulier les organisations bancaires et les institutions publiques, accentue encore la complexité du champ de la finance solidaire. Les organisations bancaires ne partagent pas toutes les mêmes finalités en soutenant la finance solidaire : les unes privilégient la création d’emplois et le développement local, d’autres la création d’entreprises et la lutte contre l’exclusion, d’autres encore la création d’emplois et l’appui à la création d’activité [Gianfaldoni et Richez-Battesti, 2006, p. 218]. On retrouve la même complexité parmi les institutions publiques : l’État peut en faire un moyen de lutte contre le chômage, certaines collectivités locales soutiendront la finance solidaire parce qu’elles y voient un instrument de dynamisation territoriale dans une perspective de développement local.

17L’offre de la finance solidaire comprend ainsi deux grandes composantes : d’un côté le financement, et de l’autre l’accompagnement. Une des originalités de cette offre, que l’on ne retrouve pas dans les autres types d’appui à la création d’activité, est de proposer un accompagnement personnalisé.
L’offre de financement de la finance solidaire se compose de trois outils principaux :

  • le crédit qui peut être avec taux d’intérêt (ADIE) ou sans taux d’intérêt (prêt d’honneur offert par France initiative),
  • le fonds de garantie qui est un fonds mobilisé en cas de non-paiement de l’emprunteur pour payer tout ou partie de l’échéance impayée,
  • le capital risque qui est une prise de participation dans le capital des entreprises créées.

Schéma 1

Un soutien partenarial à la création d’activité

Schéma 1

Un soutien partenarial à la création d’activité

1 : Financement direct des porteurs/créateurs dans le cadre d’aides financières publiques à la création d’activité.
2 : Le bénévolat (participation au comiwté de crédit) est la principale forme de soutien non financier.

18Généralement, le crédit et le fonds de garantie ont pour objectif d’inciter les organisations bancaires à financer les projets soutenus. L’effet de levier ainsi créé peut être important comme dans le cas de France initiative qui, au cours de l’année 2008, par l’intermédiaire de ses prêts d’honneur a atteint un effet de levier de 7,8 (calculé en faisant le rapport entre le montant des prêts bancaires et celui des prêts d’honneur lorsque les deux se cumulent) [France initiative, 2009, p. 5].

19La contrainte financière est évidemment importante concernant les publics des organismes de finance solidaire puisqu’ils cumulent le plus souvent de faibles ressources, peu de garanties et des projets pas toujours rentables. Cependant, d’autres difficultés non financières peuvent aussi être considérées comme rédhibitoires pour tout projet de création d’activité : la faible viabilité des projets soumis, le manque d’expérience professionnelle, les compétences et les qualifications des porteurs de projet insuffisantes, etc. C’est pourquoi l’offre de finance solidaire est complétée d’un accompagnement complexe et original centré sur les créateurs afin de surmonter ces difficultés non financières [Ferraton et Vallat, 2005]. On peut très schématiquement distinguer deux types de soutien :

  • l’accompagnement anté-création qui comprend essentiellement l’évaluation et la formalisation des projets, la mise en adéquation des projets aux porteurs, l’offre d’informations et de conseils (juridiques, fiscaux, etc.) nécessaires à la création d’activité et la formation (commerciale, comptable, etc.) des créateurs ;
  • l’accompagnement post-création incluant d’une part un soutien technique des créateurs visant à accompagner le développement de l’entreprise (tableaux de bord de suivi, formations complémentaires, conseils, etc.) et d’autre part un suivi régulier du remboursement des emprunts contractés.
Les organismes de finance solidaire assurent ainsi trois fonctions dans la démarche entrepreneuriale des porteurs de projet :
  • de prévention et de réorientation des porteurs de projet et des projets,
  • de mise en adéquation des projets avec le profil des porteurs de projet,
  • et de médiation d’une part avec l’environnement proche des créateurs et d’autre part avec les organisations bancaires.
Ces fonctions procèdent de l’objectif consistant à développer les capacités à agir (capabilités) [Sen, 2001] des personnes [Ferraton et Vallat, 2004]. Nous décrivons ces trois grandes fonctions ci-dessous :

20Les publics des organismes de finance solidaire présentent fréquemment des projets risqués, notamment parce que les ressources, l’expérience professionnelle… des porteurs sont faibles. La création d’activité est dans un grand nombre de cas une alternative face aux difficultés d’accès à l’emploi salarié. Dans cette perspective, l’accompagnement en amont de la création d’activité permet de prévenir le risque d’échec de la création d’activité. L’un des objectifs de cette phase est de faire prendre conscience aux porteurs de projets des possibles lacunes de leurs projets et éventuellement de les inciter à se réorienter vers d’autres structures d’accompagnement ou à reformuler leurs projets.

21Les organismes de finance solidaire sont aussi conduits dans certaines situations à opérer des mises en adéquation des projets qui leur sont soumis avec l’environnement et les compétences et/ou qualifications des créateurs. On tient là une des spécificités de l’accompagnement délivré par la finance solidaire : plutôt que d’être orienté sur les projets de création, il est centré sur les créateurs [Vallat, 2007]. Sont ainsi privilégiées la valorisation des connaissances des porteurs de projet et l’incitation à prendre des décisions et des initiatives.

22En dernier ressort, la finance solidaire peut être considérée comme un opérateur de médiation. Les organismes cherchent en effet à renforcer le réseau relationnel des créateurs parce que l’une des contraintes fortes à la pérennisation des activités économiques créées est le déficit en « capital social » des porteurs de projet, en particulier leur isolement. Plusieurs moyens sont employés par les organismes de finance solidaire :

  • la caution solidaire par l’ADIE qui vise moins à faire peser sur l’entourage la charge financière d’un possible échec de la création d’activité qu’à s’assurer a priori de l’engagement de l’entourage des créateurs parce que celui-ci est un gage de la viabilité des projets ;
  • les cercles de créateurs où ces derniers sont invités régulièrement à se réunir pour rompre leur isolement et qui favorisent les échanges d’expériences et apportent des réponses aux problèmes rencontrés par l’intervention de spécialistes (banquiers, experts comptables, etc.) ;
  • la mise en réseau des créateurs par le développement de contacts avec des acteurs professionnels.
Les organismes de finance solidaire jouent enfin un rôle d’« accompagnateur bancaire ». La présence d’un tiers entre les organisations bancaires et les créateurs, qui tout à la fois formalise les projets et les demandes de financement et donc prend en charge une partie des coûts de traitement des dossiers, délivre une expertise technique des projets de création et assure un accompagnement en aval du démarrage de l’activité, permet de faciliter pour les créateurs l’accès à des financements bancaires.

23Le soutien des organisations bancaires au financement des projets soutenus varie suivant les organismes. Très important dans le cas de France active et de l’ADIE, il est beaucoup plus faible pour France initiative qui reçoit une importante aide publique. L’accompagnement est surtout pris en charge par les institutions publiques. L’ADIE considère d’ailleurs que l’accompagnement relève d’un « service public d’insertion » et, à ce titre, doit être majoritairement financé par des subventions publiques. L’association a dissocié récemment le financement de l’accompagnement dans l’objectif d’assurer l’équilibre financier du pôle crédit grâce à une croissance de l’autofinancement, une productivité et une demande en hausse [ADIE, 2009].

24Les différents partenariats noués par les organismes de finance solidaire d’un côté avec les organisations bancaires, de l’autre avec les institutions publiques soulèvent d’importantes questions. Concernant les organisations bancaires, ne constituent-ils pas une solution facile pour celles-ci qui ainsi délèguent certaines de leurs fonctions ? Est-ce qu’elles ne sont pas en grande partie responsables du « creux bancaire » et dès lors n’y a-t-il pas une incongruité à ce qu’elles délèguent aux structures de finance solidaire des missions qui leur incombent ? De même, le partenariat avec les institutions publiques ne correspond-il pas à une décharge pour celles-ci de leurs responsabilités en matière d’emploi ? [Vallat, 2003 ; Glémain et Taupin, 2007b, p. 31]. La nature des partenariats, en particulier le niveau de concertation entre les différentes parties prenantes tant sur les objectifs que sur le choix des critères d’évaluation des activités des organismes de finance solidaire, est évidemment le principal facteur à prendre en compte afin d’apporter des éléments de réponse à ces différentes questions (voir le point 4 suivant).

4 – La finance solidaire : un modèle d’entrepreneur collectif ?

25Les pratiques de finance solidaire mettent en exergue le fait que, dans toute démarche entrepreneuriale, le « capital social » [Boutillier et Uzunidis, 1999] compte autant, voire davantage, que le « capital économique » [Ferrary, 2006]. Elles remettent en cause la conception élitiste de l’entrepreneuriat que l’on retrouve en particulier chez Joseph Schumpeter. La création d’activité n’est pas en effet réservée à une catégorie spécifique de personnes présentant des « qualités déterminées » [Schumpeter, 1999 [1935], p. 115]. Dans cette perspective, la finance solidaire peut être considérée comme un processus de démocratisation de l’initiative économique.

26La démarche entrepreneuriale des créateurs soutenus par les organismes de finance solidaire a la particularité d’impliquer plusieurs parties prenantes. Elle offre de nombreuses convergences avec celle qui est propre au champ de l’économie sociale et solidaire, moins sur les logiques d’action en œuvre (solidarité, finalités sociales…) que sur le fait que de multiples acteurs privés et publics participent et contribuent à la « production » des services offerts. L’entrepreneuriat social n’est donc pas en jeu ici [Defourny, 2004 ; Mair, Robinson et Hockerts, 2006]? [2]. Par contre, le processus qui conduit à la création d’activité s’inscrit bien dans une « production » collective où le porteur de projet bénéficie du soutien de différentes parties prenantes. Les interventions de ces dernières se situent à plusieurs niveaux :

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  • Lors de la phase d’accompagnement en amont du démarrage de l’activité : les organismes de finance solidaire accueillent, conseillent et orientent les porteurs de projet. À ce stade, ils permettent la formalisation des projets.
  • Au cours de la phase d’accompagnement en aval après le démarrage de l’activité : les organismes de finance solidaire suivent et adaptent l’activité aux évolutions de l’environnement et du marché afin d’en assurer la pérennisation.
  • Des acteurs professionnels (chefs d’entreprise, etc.), des institutions publiques et des organisations bancaires, généralement, participent aux activités des organismes de finance solidaire, notamment dans les comités de sélection des projets de création.
  • Des acteurs professionnels conseillent et orientent les créateurs lors de la phase d’accompagnement en aval (parrainage).
  • Les organismes de finance solidaire bénéficient du soutien financier d’entreprises, d’organisations bancaires et d’institutions publiques permettant d’un côté la mise en œuvre de leurs activités de financement et surtout d’accompagnement et de l’autre la prise en charge d’une partie du risque des activités créées.
Cependant, le soutien partenarial dont bénéficient les créateurs d’activité reste transitoire. C’est pourquoi il serait erroné d’assimiler le soutien de la finance solidaire à la création d’activité comme un modèle achevé d’entrepreneur collectif. On peut ainsi décomposer plusieurs phases dans la démarche entrepreneuriale à partir de la distinction entrepreneur individuel – entrepreneur collectif (voir le schéma 2 ci-dessous). L’entrepreneuriat collectif devient une réalité à partir de l’accompagnement anté-création au moment où le porteur de projet est accueilli par les structures de finance solidaire et que débute la formalisation du projet. Il prend fin après l’accompagnement post-création. Généralement, le suivi s’achève à la dernière échéance du remboursement du financement octroyé pour la création d’activité.
Bien qu’il soit encore aujourd’hui difficile de trouver une définition de l’entrepreneuriat satisfaisante et unifiée [Bacq et Janssen, 2008], le profil de l’entrepreneur ainsi esquissé est loin de correspondre aux représentations usuelles des économistes. Il n’est pas le seul à supporter le risque de sa création d’activité. Il n’est pas cet « intermédiaire entre toutes les classes de producteurs, et entre ceux-ci et le consommateur », comme le suppose Jean-Baptiste Say [Say, 1972 [1803], p. 376]. L’image qu’en donne ce dernier est contredite point par point par l’entrepreneur de la finance solidaire : « Il administre l’œuvre de la production ; il est le centre de plusieurs rapports ; il profite de ce que les autres savent et de ce qu’ils ignorent, et de tous les avantages accidentels de la production. » [ibid.] L’entrepreneur n’est pas non plus une personnalité hors du commun détenant des qualités spécifiques à l’instar de l’entrepreneur-innovateur schumpétérien. Il n’est pas enfin un agent économique isolé prenant des décisions stratégiques dans un environnement incertain, comme le caractérisent certains économistes contemporains [Boutillier et Uzunidis, 1999].

Schéma 2

Les différentes phases du soutien à la création d’activité

Schéma 2

Les différentes phases du soutien à la création d’activité

28Les organismes de finance solidaire assurent une fonction d’interface et d’intermédiation entre les porteurs/créateurs d’activité et les différentes parties prenantes du soutien à la création d’activité (institutions publiques, organisations bancaires et entreprises principalement) induisant des « formes de coordination originales en termes de réseaux » [Gianfaldoni et Richez-Battesti, 2004, p. 52]. C’est pourquoi le soutien à la création d’activité est susceptible de répondre à des logiques et des objectifs différents suivant les formes de coordination qui sont mises en place. Une dépendance forte des organismes de finance solidaire à l’égard du financement public, même si celui-ci provient de multiples sources (Union européenne, État, collectivités territoriales, etc.), pourra influer sur la nature du soutien offert notamment parce qu’il privilégiera les objectifs propres aux institutions publiques, par exemple la création d’emploi. De même, la participation sans cesse croissante des organisations bancaires au travers des conventions conclues avec les organismes de finance solidaire pourra conduire à sélectionner les projets les plus rentables excluant une partie des porteurs de projet. Dans les deux situations précédemment identifiées, les organismes de finance solidaire auront tendance à reproduire les mécanismes et les objectifs des organisations qui les soutiennent ou avec qui ils sont engagés dans un partenariat. Ce phénomène d’isomorphisme institutionnel [Di Maggio et Powell, 1983] a déjà été observé dans le champ de la finance solidaire [Glemain et Taupin, 2007b]. Il nous amène à distinguer schématiquement trois types d’entrepreneuriat :

1. Un entrepreneuriat individuel à dominante bancaire
Le financement prédomine et l’accompagnement est faible. Deux raisons peuvent expliquer cette situation :
  • soit le porteur a un projet pertinent et offre des garanties de réussite,
  • soit l’accompagnement est négligé par les organismes de finance solidaire risquant de conduire à l’échec de la création d’activité. Le manque de financement, public en particulier, consacré à l’accompagnement peut expliquer la faiblesse de ce dernier.
    Dans ce cas, on est bien en présence d’un phénomène d’isomorphisme institutionnel où les organismes de finance solidaire tendent à calquer leurs modes de fonctionnement sur ceux des organisations bancaires. Les organismes de finance solidaire ne jouent plus alors qu’un rôle d’intermédiaire bancaire permettant la prébancarisation des porteurs de projet sans compléter (ou en complétant faiblement) leurs offres d’un accompagnement conséquent de l’activité créée. C’est pourquoi la démarche entrepreneuriale est davantage individuelle que collective.
    2. Un entrepreneuriat collectif à dominante publique
    Le financement et l’accompagnement sont bien présents mais les objectifs visés par les organismes de finance solidaire reproduisent ceux des institutions publiques. Plusieurs variantes sont possibles : la création d’emploi, le soutien auprès de publics spécifiques (publics au chômage de longue durée, publics jeunes, publics issus de quartiers sensibles, etc.). Cette situation peut se manifester lorsque les organismes de finance solidaire sont dépendants financièrement des subventions publiques. Il y a isomorphisme institutionnel dans la mesure où les organismes de finance solidaire ne jouent plus qu’un rôle de relais de la politique économique et sociale et plus particulièrement de la politique de l’emploi. La démarche entrepreneuriale est davantage collective qu’individuelle, mais elle s’inscrit dans le cadre de la politique de l’emploi.
    3. Un entrepreneuriat collectif à dominante solidaire
    Le financement et l’accompagnement sont conséquents avec souvent un poids plus important donné à l’accompagnement. Les différentes parties prenantes participent au financement et à l’accompagnement dans le cadre d’un processus de coproduction où les organismes de finance solidaire assurent la coordination des prestations et ne se voient pas imposer d’objectifs par les financeurs [Gianfaldoni et Richez-Battesti, 2004]. La démarche entrepreneuriale collective est à dominante solidaire parce qu’elle s’appuie sur un ensemble d’initiatives désintéressées de la part des différentes parties prenantes (bénévolat, prêt d’honneur, etc.).

5 – Conclusion

29La finance solidaire, qui connaît depuis les années 1980 un développement significatif appuyé par les pouvoirs publics, offre la possibilité à des publics ayant des difficultés d’accès au circuit de financement « classique » de créer leurs propres activités en bénéficiant d’un soutien financier et non financier (accompagnement). Pour cela, elle mobilise, assurant ainsi une fonction d’intermédiaire, plusieurs types d’acteurs, privés et publics, autour des porteurs de projets de création d’activité.

30La dimension collective ressort dans une telle démarche entrepreneuriale car les porteurs bénéficient transitoirement de l’aide de ces acteurs pour mener à bien leurs créations d’activités. Le modèle d’entrepreneur qui en résulte contraste avec les représentations usuelles de l’entrepreneur, isolé, saisissant les opportunités d’investissement et de profit qui s’offrent à lui et acceptant une prise de risque maximale. Il convient de souligner que ces dernières représentations ont déjà fait l’objet de nombreuses critiques pour leur manque de réalisme, et des analyses alternatives ont été proposées [Giraudeau, 2007 ; Zalio, 2009], qui présentent d’indéniables proximités avec l’entrepreneur de la finance solidaire. Cependant, il convient de souligner la singularité de ce dernier pour au moins deux raisons :

31Il reçoit un soutien collectif partenarial, transitoire, géré et animé par des acteurs associatifs fonctionnant avec une part importante de bénévoles.

32Enfin, ce soutien privilégie un accompagnement fortement personnalisé à la différence des autres types d’accompagnement délivrés par les organismes de soutien à la création d’entreprise (chambres consulaires, cabinets d’experts-comptables…).

33Notre hypothèse est que cette dimension collective avec un accompagnement personnalisé est déterminante dans la réussite des projets soutenus par la finance solidaire et qu’elle rend légitime la caractérisation d’un modèle (même inachevé) d’entrepreneur collectif.

34Cependant, cette dimension collective repose sur un équilibre fragile et est susceptible d’être perturbée par l’influence des parties prenantes de l’offre de la finance solidaire. Les finalités sociales affichées par ses promoteurs peuvent être remises en cause dès lors qu’un processus d’isomorphisme institutionnel se met en place. La contrainte financière, notamment pour assurer le bon déroulement de l’accompagnement, est évidemment prédominante. Mais les contraintes réglementaire et institutionnelle ne doivent pas non plus être négligées.
L’implication récente des organisations bancaires, en particulier hors coopératives de crédit, est bien entendu un signe positif pour les organismes de finance solidaire parce qu’elle leur permet d’augmenter leurs offres et de bénéficier des compétences de celles-ci. Mais la délégation des responsabilités en matière d’accès au circuit financier que cette implication entérine, à présent relevant principalement des organismes de finance solidaire, peut conduire au développement d’un secteur à part uniquement destiné aux publics en situation de précarité. Cette dernière évolution ne serait alors pas sans questionner certains des objectifs originels de la finance solidaire, en particulier l’accès au circuit financier.

Notes

  • [1]
    L’Initiative européenne pour un développement du microcrédit en faveur de la croissance et de l’emploi (novembre 2007) distingue le microcrédit bancaire du microcrédit non bancaire. Les deux sont d’un montant inférieur à 25 000 euros et destinés à des micro-entreprises qui emploient moins de dix personnes. Le microcrédit bancaire s’adresse à un public « classique » alors que le microcrédit non bancaire s’adresse, lui, à un public en situation de précarité [Lagalaye et Raobe, 2008]. Remarquons que les organismes de finance solidaire peuvent offrir les deux microcrédits. Nous ne tiendrons pas compte dans la suite de cet article de cette distinction.
  • [2]
    L’entrepreneuriat propre à la finance solidaire est collectif mais pas nécessairement social. En effet, les activités soutenues par celle-ci ne s’inscrivent pas prioritairement dans le champ de l’entrepreneuriat social. L’objectif de la finance solidaire n’est pas de soutenir des entrepreneurs qui développent des activités présentant une importante « valeur ajoutée » sociale, voire environnementale ou une faible rentabilité, ou encore celles qui permettront d’employer des publics en situation de précarité, mais de réinsérer dans le circuit bancaire « classique » les publics auxquels elle apporte son soutien.
Français

Résumé

Le soutien à la création d’activité auprès de publics en situation de précarité a connu une croissance importante en France au cours de ces dernières années. Ces initiatives sont généralement incluses dans la finance solidaire. Le soutien combine accompagnement et financement et s’appuie sur des partenariats avec des acteurs publics et privés. Nous analysons plusieurs configurations entrepreneuriales sous-tendues par la finance solidaire en montrant que chacune repose sur une dimension collective et sociale différente.

Mots-clés

  • finance solidaire
  • entrepreneuriat collectif
  • partenariat
  • financement
  • accompagnement

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Cyrille Ferraton
ART-Dev, Université Paul Valéry Montpellier III
David Vallat
TRIANGLE, Université Lyon 1
Mis en ligne sur Cairn.info le 17/05/2011
https://doi.org/10.3917/rfse.007.0067
Pour citer cet article
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