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Dans la vie locale, bon nombre d’engagements écologiques sont guidés par un sens du service et du commun. Certains d’entre nous ont commencé par eux-mêmes, en modifiant leurs modes de vie et de consommation dans des autolimitations heureuses et libres. Cette réforme de soi ne vise pas la révolution. Elle est personnelle et apolitique. D’autres, en associations ou en collectifs, prennent soin du milieu, cultivant des jardins partagés, inventant coopératives, circuits courts, maraudes et collectes de déchets. Là, cela devient très politique, mais avec un premier point de rupture. Soit certains refusent la politique de la démocratie représentative prise dans les compromis de la société de consommation extractiviste, en essayant d’autres réponses via la reterritorialisation des enjeux socio-écologiques : tels sont les occupants des ZAD (zones à défendre). Soit d’autres, comme élus locaux, donnent de leur compétence et de leur temps pour faire exister ensemble soin des humains et de la Terre, justice sociale et justice environnementale. Tout cela, c’est déjà de la politique. Mais comment changer d’échelle ? Comment passer de l’écologie personnelle ou sociale à l’écologie politique, à l’échelle d’un pays et d’un État ?
Les campagnes électorales du printemps, présidentielle et législative, donnent l’occasion de mettre en mots, en concepts et en programmes des engagements affectifs et effectifs. Elles offrent l’occasion de faire qu’un songe, dans ce qu’il manifeste comme attente profonde d’une réconciliation de l’humain avec la Terre, s’exprime en raisonnements, en volontés de faire et en changements…
Auteur

Philosophe, Université de Bourgogne, directeur de la chaire « Valeurs du soin ».
- Mis en ligne sur Cairn.info le 03/05/2022
- https://doi.org/10.3917/etu.4293.0063

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