Après avoir rappelé l’histoire des idées qui a mené d’une vision très réductrice du nourrisson au bébé en tant que personne en devenir, l’auteur rappelle les différents types d’interactions dans lesquelles le bébé est d’emblée activement engagé. Certaines compétences du bébé ne sont que potentielles telle la motricité libérée qui ne s’extériorise que dans certaines circonstances particulières. Il est encore difficile de préciser quel est le rôle de ces compétences en réserve. Quoi qu’il en soit, le bébé n’est pas un super-héros, dont la représentation ne peut servir que le narcissisme des adultes. La néoténie et le pari piklérien sont enfin évoqués pour faire sentir que si héroïsme du bébé il y a, celui-ci concerne son extraordinaire capacité à mettre en œuvre sa petite part active dans un environnement approprié.
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Qui dit super-héros ne dit pas simplement héros et c’est pourquoi j’aimerais montrer comment les bébés nous donnent utilement l’occasion d’explorer l’écart qui existe entre ces deux termes.
Ceci renvoie, me semble-t-il, à la dialectique entre le Moi idéal et l’idéal du Moi.
Le Moi idéal est le rejeton de notre mégalomanie initiale ou de notre omnipotence infantile ancrées dans la période d’indifférenciation initiale pendant laquelle le bébé se sent tout à lui tout seul.
L’idéal du Moi correspond au devenir de ce Moi idéal à l’issue du conflit œdipien qui rabote quelque peu les ambitions du Moi idéal initial.
Si l’on se réfère à la différence winnicottienne entre le sentiment d’être et le sentiment d’exister (Golse, 2020), on peut avancer l’idée que le Moi idéal est préobjectal, qu’il renvoie surtout au sentiment d’être et qu’il sous-tend le concept de super-héros tandis que l’idéal du Moi est objectal (en tant que fruit de la différenciation et de la rencontre avec l’objet), qu’il renvoie au sentiment d’exister et qu’il sous-tend le concept de héros.
Si le héros convoque ainsi une vision idéalisée de nous-même, le super-héros en offre peut-être la version la plus narcissique, et l’on sait que les bébés sont des objets narcissiques – nos objets narcissiques – par excellence…
Mais voyons cela de plus près.
Les parents savaient bien, depuis toujours, que leur bébé ne saurait être réduit à un simple… tube digestif !
Et pourtant, jusque dans les années 1950, les professionnels ont parlé du bébé comme d’un être très passif, principalement centré sur son activité alimentaire (d’où le terme même de « nourrisson ») et recevant tout de son environnement…
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- Mis en ligne sur Cairn.info le 24/03/2022
- https://doi.org/10.3917/ep.091.0057

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