1Cet article étudie deux problématiques connexes : les liens, à long terme, entre le progrès technique et le chômage et l’impact de l’intégration économique sur cette relation.
2L’article se situe dans la lignée des travaux de Pissarides [1990], Aghion et Howitt [1992,1994]. Pissarides étudie les conséquences de l’introduction d’une fonction d’appariement ( matching ) dans le modèle de Solow. Il montre qu’une hausse du taux de croissance réduit le taux de chômage naturel par un effet de capitalisation. Sa démarche consiste à traiter les emplois comme des actifs financiers, car, en raison des coûts d’embauche, la décision de création d’un emploi est une décision d’investissement intertemporelle. Chaque fois qu’elle décide de poster un emploi vacant, la firme doit tenir compte de l’ensemble des flux actualisés de revenu qu’il est susceptible d’engendrer. Le facteur d’actualisation effectif décroît avec le taux de croissance de l’économie : l’accélération de la croissance se traduit donc par une hausse de la valeur actualisée des emplois vacants. Il en résulte une augmentation du nombre d’emplois vacants postés par les entreprises, qui entraîne une baisse du chômage. Ce mécanisme entraîne une relation décroissante entre le taux de croissance et le taux de chômage de long terme.
3Aghion et Howitt soutiennent la thèse contraire. La croissance a pour moteur principal l’innovation. Or, l’innovation ne fait pas qu’accroître la productivité, elle entraîne aussi un renouvellement perpétuel des biens produits et une rotation accrue des emplois. C’est la destruction créatrice dont parlait Schumpeter. La rotation accrue des emplois a un effet négatif sur l’emploi car elle réduit la valeur des emplois postés. Le taux de chômage de long terme est donc une fonction croissante du rythme de l’innovation.
4Le premier objectif de notre article est de retrouver ces deux effets dans un cadre simplifié. Pour cela, nous utilisons une approche du chômage qui s’inspire du modèle de salaire d’efficience de Shapiro et Stiglitz [1984]. L’intérêt de cette approche réside dans sa simplicité et son caractère dynamique. En effet, la prime d’efficience dépend du taux d’actualisation effectif et du taux de rotation de la main-d’œuvre. Or, ces deux grandeurs sont susceptibles d’être modifiées par la croissance. La prime d’efficience permet donc de lier chômage et croissance. Le cadre temporel est celui d’un modèle de croissance endogène dérivé de Grossman et Helpman [1991] et Barro et Sala-I-Martin [1995]. Ce cadre a pour avantage de permettre une modélisation simple de la destruction créatrice. En effet, l’apparition continue de nouvelles variétés se traduit par un mouvement perpétuel de ré-allocation du travail au sein du secteur manufacturier. Ainsi, l’innovation entretient le chômage à travers le mouvement perpétuel de destruction créatrice qu’elle engendre.
5Notre approche nous permet aussi d’étudier les conséquences en termes de chômage de long terme de l’intégration commerciale et financière. Deux mécanismes sont mis en évidence. Le premier est lié au bonus de croissance apporté par l’intégration (Grossman et Helpman [1991]; Rivera Batiz et Romer [1991]). Si, comme cela semble vraisemblable, l’effet capitalisation domine à long terme, l’intégration est susceptible d’engendrer une baisse du chômage par ce canal. Le second mécanisme lie chômage et volatilité économique. L’intégration économique est susceptible d’entraîner une hausse de la volatilité économique (Rodrik [1997]) [1] qui se traduit par une accélération du taux de rotation de la main-d’œuvre. Or, le taux de chômage est une fonction croissante du taux de rotation de la main-d’œuvre.
6La première partie de l’article présente le marché du travail, la deuxième le modèle de croissance, la troisième examine les conséquences de l’intégration économique.
LE MARCHÉ DU TRAVAIL
7L’approche du marché du travail que nous développons s’inspire de Shapiro et Stiglitz [1984] que nous transposons dans un cadre de croissance. L’effort fourni par les salariés n’est pas directement observable par l’employeur. Ce dernier doit se contenter d’un contrôle partiel des résultats de l’effort du salarié. Confronté à un problème d’aléa moral, l’employeur est obligé d’offrir un salaire supérieur à la norme concurrentielle au salarié pour l’inciter à fournir l’effort requis. Cette prime d’efficience est la source du chômage dans notre modèle. La première section spécifie la typologie des agents et leurs préférences. La seconde section présente les flux d’équilibre du marché du travail. La troisième section est consacrée à l’écriture de la contrainte incitative et de la relation entre le taux de chômage et les taux de rotation de la main-d’œuvre qui en découle.
Rentiers et salariés
8Le modèle est écrit en temps continu. Il y a deux types (ou classes) d’individus : les salariés et les rentiers. Les premiers offrent du travail (qui a un coût
en termes d’utilité) alors que les seconds détiennent tous les actifs de l’économie. Nous faisons donc l’hypothèse que les travailleurs n’épargnent pas. Tous
les individus, qu’ils soient salariés ou rentiers, ont une durée de vie infinie.
Les rentiers choisissent leur sentier de consommation de manière à maximiser la fonction d’utilité suivante :



La condition d’efficience
9L’approche de Shapiro et Stiglitz [1984] traite l’espérance d’utilité d’un salarié comme un actif financier. Nous faisons l’hypothèse que l’économie suit un sentier de croissance stationnaire où la consommation, les salaires et l’utilité espérée de tous les agents croissent au taux de croissance gc. Ainsi, l’espérance d’utilité d’un agent qui fournit l’effort requis VE vérifie l’équation suivante : où m est le taux instantané de destruction des emplois, V0 l’utilité espérée d’un chômeur T une taxe forfaitaire destinée au financement de l’allocation chômage. Le rendement de l’actif VE est la somme du dividende (le salaire net du coût de l’effort) et de la plus-value (la variation d’utilité consécutive à un changement d’état plus la variation de la valeur de l’actif).

10L’espérance d’utilité d’un tire-au-flanc VS vérifie l’équation suivante :




LE MODÈLE DE CROISSANCE
Structure du modèle
11Notre modèle dérive des modèles de Grossman et Helpman [1991] et Barro et Sala-I-Martin [1995]. Un secteur final produit un bien destiné à la consommation et l’investissement. Ce bien final est produit à partir d’un continuum de biens intermédiaires horizontalement différenciés. La productivité totale des facteurs augmente avec le nombre de biens intermédiaires. Ces biens sont découverts par des firmes spécialisée dans la R&D. L’activité de ses firmes est financée – indirectement – par les profits dégagés par les entreprises du secteur intermédiaire, en situation de concurrence monopolistique.
L’offre de bien final
12La fonction de production du bien final s’inspire d’Ethier [1982] :

13L’hypothèse de concurrence parfaite chez les producteurs de bien final implique que la demande du bien intermédiaire i s’écrit, en notant p ( i ) le prix du bien intermédiaire i et en prenant le bien final comme numéraire :

L’offre de biens intermédiaires
14Les biens intermédiaires utilisent du travail comme seul facteur. La technologie est linéaire, soit x ( i ) = ?LP ( i ) où LP ( i ) désigne la quantité de travail employée dans la production du bien i et ? est un coefficient exogène de productivité.
15Les producteurs de biens intermédiaires choisissent w et LP ( i ) de manière à minimiser les coûts tout en incitant les salariés à fournir l’effort requis. Ces deux décisions sont orthogonales. Le salaire est donné par la contrainte incitative (4) alors que la demande de travail dépend du niveau de production choisi. Les producteurs de variétés intermédiaires sont en situation de concurrence monopolistique. Il est aisé de montrer que le choix optimal du monopole consiste à imposer un mark-up constant. Le prix du bien intermédiaire i est donc :

La R&D
16Les nouvelles variétés de biens sont inventées par des firmes spécialisées
dans la R&D. Chaque nouveau bien est protégé par un brevet dont la durée de
vie est infinie. Ces brevets permettent aux firmes de R&D de s’approprier de
l’intégralité des profits engendrés par l’innovation. Soient ? le profit d’une firme
du secteur intermédiaire et v la valeur d’une innovation. L’équation d’arbitrage
suivante est vérifiée à chaque instant :

17L’hypothèse de libre entrée dans le secteur de R&D implique que la valeur d’une innovation ne peut pas excéder son coût, soit, à l’état stationnaire :

L’équilibre du marché du travail
18L’équilibre du marché du travail s’écrit, en notant u le taux de chômage :


Innovation et croissance agrégée
19L’équilibre est symétrique puisque toutes les variétés intermédiaires ont le même prix. Soit x la production d’une variété quelconque. La production agrégée peut donc s’écrire Y = A1/(??1) X = A1/(??1) ?LP où X ? A x = ?LP désigne la production agrégée de biens intermédiaires (et peut aussi s’interpréter comme un indice de la quantité de travail incorporée dans leur production). Il en résulte que, pourvu que le taux de chômage u reste constant (et c’est le cas sur un sentier de croissance stationnaire), le taux de croissance de Y est g / ( ?? 1 ) (où g ? A?/A désigne le taux d’introduction de nouvelles variétés dans l’économie). Ce taux de croissance est aussi celui des salaires, des profits agrégés, de la consommation et de l’utilité espérée des salariés. D’où gc = g / ( ?? 1 ).
L’état stationnaire
Technologie, croissance et chômage : l’équation TT
20L’équilibre des marchés des biens, des actifs et du travail nous donne une relation liant les taux de croissance et de chômage à l’état stationnaire. Les équations (8), (10) et Y = A1/(??1) X impliquent que le taux de dividende des firmes du secteur intermédiaires est ?/ v = px /? v = X/? f. L’équation (10) implique que la valeur des brevets croît au taux v ?/ v = ? g. Ceci, (1), (9) et (11) nous donnent la relation TT qui résume le lien technologie-chômage à l’état stationnaire.

Destruction créatrice et chômage : l’équation CI
21Nous pouvons maintenant expliciter ce que nous entendons par destruction
créatrice. L’arrivée de nouvelles variétés provoque un mouvement de réallocation du travail. En effet, un nombre constant de travailleurs est employé à
produire un nombre croissant de variétés. Il faut donc, en permanence, que des
travailleurs utilisés dans la production d’anciennes variétés soient transférés
vers les nouvelles variétés. Précisons ces flux. Le nombre de salarié par firme
intermédiaire est x /? = LP /A. Il en résulte qu’à chaque instant ( i.e. pendant un
intervalle de temps dt ), ? A x ? dt /? « vieux » emplois sont détruits alors que
A? xdt /? « nouveaux » emplois sont créés. Nous supposerons cependant qu’une
fraction 1 ? ? des travailleurs qui perdent leur emploi sont engagés directement
par les nouvelles firmes. ? peut donc être interprété comme une mesure du degré
d’adéquation entre les nouvelles technologies et les travailleurs provenant des
anciennes technologies. La composante endogène du taux de destruction des
A x ?/?
emplois est donc ? ? A x /? = ? g. Le taux de destruction des emplois s’écrit
donc, en notant m ? sa composante exogène :


Le sentier de croissance équilibrée
22Les équations TT et CI définissent les taux de chômage et de croissance à l’état stationnaire [1]. La figure 2 représente cet état stationnaire comme l’intersection des courbes TT et CI dans le plan ( u, g ).
CROISSANCE ET CHÔMAGE
23Nous avons décrit l’équilibre à l’état stationnaire comme l’intersection de deux courbes en u et g. L’équation TT résume le bloc technologie du modèle. L’équation CI représente le lien créé par la contrainte incitative. La courbe TT est toujours décroissante alors que CI peut être croissante ou décroissante. Analysons les pentes de ces deux courbes.
Croissance et chômage à

Croissance et chômage à
24Commençons par la courbe TT. Le taux de croissance maximal est atteint pour un taux de chômage nul ( u = 0). C’est le cas lorsque l’effort est parfaitement observable. La croissance est alors entièrement déterminée par le bloc technologique du modèle. Toute augmentation du taux de chômage entraîne une baisse de la taille du marché (le chômage réduit le pouvoir d’achat moyen). Il en résulte une baisse de la production de biens intermédiaires et de la rentabilité des brevets qui se traduit par un ralentissement de l’innovation et une baisse du taux de croissance.
25L’analyse de la pente de la courbe CI est plus intéressante. Une hausse du taux de croissance a deux types d’effets sur le taux de chômage. Il y a tout d’abord (pour tout ? > 1 ) une réduction du taux d’actualisation « effectif » ( r ? gc ) qui entraîne une hausse de la valeur actualisée des salaires futurs et donc de la perte actualisée du tire-au-flanc. Cet effet de capitalisation permet aux firmes de réduire la prime d’efficience – ce qui entraîne une baisse des salaires et du chômage [1]. La destruction créatrice qui accompagne l’innovation a des effets opposés. L’accélération du rythme de l’innovation se traduit par une hausse du taux de rotation de la main-d’œuvre a + m. L’espérance de perte du tire-au-flanc s’en trouve réduite, ce qui amène les firmes à accroître la prime d’efficience et entraîne une hausse du taux de chômage. Soulignons que l’effet de capitalisation domine tant que ? < ?? 1 ( 1 ? ? ) / ( q c ( 1 ? 1 ? c ) ? ? ) ? ??. C’est ce cas, qui est m ? 1 1 ? c ? pour nous le plus pertinent, que nous avons représenté dans la figure 1.
26La figure 1 représente aussi les conséquences d’une variation des paramètres du modèle que nous divisons en deux groupes.
27Le premier groupe de paramètres intervient uniquement dans le bloc TT. Il s’agit de la taille de la population L, de la productivité du travail ? et de l’efficacité de la R&D 1/ f. Ainsi, une augmentation de la productivité de la main-d’œuvre ? a pour conséquence une hausse de la rentabilité des firmes produisant les biens intermédiaires (mesurée par le taux de dividende ?/ v ). Il en résulte une amélioration de la rentabilité des brevets qui se traduit par une accélération de la croissance. Une baisse des coûts de R&D f ou une hausse de la taille de la population L ont des conséquences analogues. Dans les trois cas, la courbe TT se déplace vers le haut, ce qui entraîne une baisse du chômage, lorsque l’effet de capitalisation domine.
28Le deuxième groupe de paramètres est associé à la contrainte incitative CI. Il s’agit du taux de détection des tire-au-flanc q, du coefficient d’indexation des allocations chômage ?, de la composante exogène du taux de destruction des emplois m ? et du paramètre mesurant l’impact de l’innovation sur le taux de destruction des emplois ?. Une baisse de q ou une hausse de ?, m ? ou ? entraîne une réduction de la perte espérée du tire-au-flanc, ce qui oblige la firme à accorder une prime d’efficience plus élevée. La courbe CI se déplace vers la droite. Il en résulte une hausse du taux de chômage ainsi qu’une baisse du taux de croissance – due à la baisse du taux d’emploi de la main-d’œuvre.
INTÉGRATION ÉCONOMIQUE ET CHÔMAGE
29Le modèle suggère deux types de mécanismes dynamiques liant intégration économique et chômage.
30Le premier mécanisme est lié directement à l’impact en termes de croissance de l’intégration. Comme dans les modèles de Grossman et Helpman [1991], l’intégration commerciale engendre un bonus de croissance dans les pays concernés. L’accélération de la croissance a deux sources : la diffusion technologique (qui réduit le coût de la R&D) et l’accroissement de la taille du marché (qui entraîne une hausse des profits) [1]. L’impact en termes de chômage de ce bonus de croissance est a priori ambigu, la croissance réduit le chômage par le biais de l’effet capitalisation, mais peut aussi l’augmenter en raison de l’accélération de la rotation de la main-d’œuvre engendrée par le processus de destruction créatrice qui accompagne l’innovation. Il nous semble que l’hypothèse la plus pertinente est que l’effet de capitalisation domine (? < ??) à long terme. L’impact de l’intégration économique peut dès lors être représentée dans la figure 1 par un déplacement vers le haut de la courbe TT.
31Il convient de souligner que le bonus de croissance (et donc la baisse du chômage) apporté par l’intégration au marché mondial dépend de la taille du pays. Les gains en termes de croissance sont : (i) bornés et (ii) beaucoup plus importants pour les petites économies. Ce qui implique, a contrario, que la baisse du chômage engendrée par l’intégration croissante des États-Unis et de l’Europe au marché mondial est probablement très faible.
32En outre, le potentiel de croissance lié à l’intégration est beaucoup plus élevé pour une économie en phase de rattrapage (car celle-ci peut bénéficier d’importantes externalités en termes de diffusion technologique en provenance des pays leaders). Ce qui implique que le taux de chômage doit être plus faible, ceteris paribus, dans ce genre d’économie qu’au sein des économies développées. Cette prédiction s’accorde bien avec le fait que le chômage en Europe et au Japon était inférieur à celui des États-Unis pendant les Trente Glorieuses. Le deuxième mécanisme lie volatilité économique et chômage. Dans le modèle, le taux de chômage est une fonction croissante du taux de rotation de la main-d’œuvre a + m. Le modèle suggère deux canaux liant l’intégration économique au taux de rotation de la main-d’œuvre.
33Tout d’abord, l’intégration est susceptible d’entraîner une hausse de la fréquence des chocs économiques qui se traduit par une hausse de la composante exogène du taux de rotation de la main-d’œuvre m ?. Dans ce cas, la courbe CI se déplace vers la droite, ce qui se traduit par une baisse de la croissance et une hausse du chômage. Rodrik [1997] donne quelques éléments permettant d’étayer cette thèse. Il montre qu’il existe une corrélation positive entre le risque externe (mesuré par la variance des termes de l’échange) et diverses mesures du risque agrégé interne (en termes de consommation et de revenu). Notons que, là aussi, l’impact est plus fort pour les petits pays dans la mesure où le poids des échanges commerciaux dans le PIB y est généralement plus importants.
34Le deuxième canal lie la hausse de la volatilité à l’intensification de la concurrence des pays en voie de développement. En effet l’intégration économique entre le Nord et le Sud peut entraîner une hausse du taux de rotation de la main-d’œuvre via l’accroissement du taux d’imitation des produits inventés par les pays développés.
35Ce mécanisme se comprend aisément dans un cadre Nord-Sud où l’innovation ( i.e. la création de nouveaux produits) se fait exclusivement dans le Nord
alors que la croissance du Sud est générée par l’imitation i.e. l’appropriation des
innovations [1]. Dès lors, l’impact de l’intégration Nord-Sud est double. Il y a
d’abord les effets liés à l’accélération de la diffusion technologique et à l’accroissement de la taille du marché exposés plus haut. Il est très probable que ces
effets seront asymétriques : très importants pour le Sud, beaucoup moins pour le
Nord. Mais il y a aussi un deuxième type d’effet, spécifique au Nord, lié au
processus d’imitation. Comme il a été dit précédemment, l’innovation contribue
à la rotation des emplois parce qu’elle entraîne un transfert permanent de travailleurs des anciens biens intermédiaires vers les nouveaux biens. L’imitation
ajoute un nouveau motif de destruction des emplois qui est le remplacement des
firmes du Nord par des firmes du Sud. Le taux de destruction des emplois dans
le Nord s’écrit alors :

Notes
-
[*]
EUREQua,106-112 boulevard de l’Hôpital, 75647 Paris Cedex 13 et Université du Littoral. E-mail : mendez@ univ-paris1. fr
-
[**]
CRIEF/MOFIB, Université de Poitiers et TEAM, 106-112, boulevard de l’Hôpital, 75647 Paris Cedex 13. E-mail : rrajhi@ univ-paris1. fr Nous remercions Lionel Fontagné pour ses remarques et ses suggestions fructueuses.
-
[1]
Rodrik [1997] montre qu’il existe une corrélation positive entre le risque externe (mesuré par la variance des termes de l’échange) et diverses mesures du risque agrégé interne.
-
[1]
Ici et par la suite, nous faisons abstraction des indices de temps, lorsque ceux-ci ne sont pas strictement nécessaires à la compréhension du texte.
-
[1]
Les conditions garantissent l’existence et l’unicité de l’état stationnaire sont disponibles auprès des auteurs.
-
[1]
L’effet de capitalisation disparaît lorsque l’utilité est logarithmique (car r ? gc = ?) et s’inverse lorsque ? < 1.
-
[1]
Notre modèle diffère en cela du modèle de Grossman & Helpman où le bonus de croissance transite intégralement par la diffusion technologique. Cela est dû au fait que R&D utilise du bien final comme input.
-
[1]
Voir Grossman et Helpman [1991] pour une écriture complète du modèle.