CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Introduction

1L’attachement est une tendance fondamentale de l’être humain et s’exprime généralement à travers des comportements de recherche et de maintien de la proximité avec un autre individu (Bowlby, 1969). L’enfant s’attache à un adulte qui est son caregiver. Le système de caregiving, quant à lui, est considéré comme le système réciproque du système d’attachement de l’enfant. Aux concepts d’attachement et de caregiving vient s’ajouter celui de base sécurisante (Ainsworth, et al., 1978) qui permet à l’enfant d’utiliser la figure d’attachement pour explorer et s’y ressourcer en cas de stress, d’inconfort ou de danger. L’observation du comportement de l’enfant lors des retrouvailles avec le caregiver, notamment à travers le paradigme de la Situation Etrange (Ainsworth, et al., 1978) permet d’inférer le modèle qu’il a intériorisé de sa relation avec sa figure d’attachement.

2Les résultats des recherches utilisant la situation étrange ont conduit à la caractérisation de trois styles d’attachement bien décrits dans la littérature : l’attachement sécure (pattern B), l’attachement insécure-évitant (pattern A) et l’attachement insécure-résistant/ambivalent (pattern C). Un quatrième pattern, l’attachement désorganisé (Pattern D), identifié plus tard, rend compte d’enfants décrits comme présentant des comportements inexplicables, désorientés, désorganisés et très conflictuels (Main et Solomon, 1990). Ces enfants ont des comportements bizarres, inhabituels, contradictoires et conflictuels lors des retrouvailles avec la figure d’attachement. D’après Tereno, et al., (2007), la désorganisation de l’attachement chez l’enfant est souvent associée à des comportements perturbés, voire même terrifiants des parents. Cela entraîne chez les enfants de la peur et de l’appréhension et les met dans une situation de conflit, car la base sécure (Ainsworth, 1973), source de sécurité, est aussi source de peur (Main et Hesse, 1990). Ainsi, ce qui caractérise ce groupe d’enfants est l’absence d’une stratégie cohérente dans les comportements d’attachement vis-à-vis de leur figure d’attachement.

3Des études récentes sur l’attachement révèlent que les enfants désorganisés représentent un groupe à risque en ce que concerne la psychopathologie (Hesse et Main, 2000). La désorganisation de l’attachement semble être l’effet de la nature et de la qualité des expériences vécues par ces enfants. Le taux élevé d’enfants désorganisés retrouvés dans des échantillons à risque atteste de l’impact des expériences relationnelles et de l’histoire de vie de ces enfants (Hesse et Main, 2000). Hesse et Main (2006) suggèrent que le comportement effrayant ou effrayé des parents est, à son tour, lié à leurs propres expériences traumatiques non intégrées (souvent maltraitance ou deuil précoce).

4Main, Kaplan et Cassidy (1985) ont retrouvé, dans la première recherche sur la transmission intergénérationnelle de l’attachement, d’importantes corrélations entre l’attachement de la mère et celui de l’enfant. Néanmoins, les correspondances entre mère et enfant ne sont pas systématiques. Par conséquent, la transmission intergénérationnelle, bien qu’importante, ne permettrait pas d’expliquer toutes les réalités familiales. D’autres facteurs auraient une influence sur le style d’attachement de l’enfant, tels que la sensibilité du caregiver (Bates, Maslin et Frankel, 1985). Le lien entre sécurité de l’attachement et sensibilité parentale se vérifie dans différents contextes culturels et sociaux (Posada, et al., 2002). Par ailleurs, les facteurs sociaux semblent jouer également un rôle important. Dans une population tout-venant, le pourcentage de désorganisation de l’attachement est d’environ 15%. En d’autres contextes, comme des populations cliniques et des populations à risque, ce pourcentage peut doubler ou tripler (en cas de maltraitance) (Van IJzendoorn, et al., 1999).

5La sensibilité parentale, qui reflète la capacité du caregiver à lire et à répondre de manière adaptée aux signaux de l’enfant, est considérée comme un facteur déterminant pour la sécurité de l’attachement chez l’enfant (Atkinson, et al., 2000). Ce concept a été développé par Ainsworth, et al., (1971) en parallèle à leurs travaux sur l’attachement chez l’enfant. Ces auteurs ont proposé de l’évaluer à travers les Echelles de Sensibilité Maternelle. Plus tard, Witt et Casey (1982) ont repris ces échelles et les ont adaptées pour une utilisation dans l’observation d’une situation de jeu entre la mère et le bébé à partir de six mois.

6Plusieurs études montrent que la sensibilité maternelle, notamment durant la première année de vie, est le facteur prédictif le plus important de la sécurité de l’attachement (Atkins, et al., 2000 ; Tissier, et al., 2011). Main (1985) suggère que lorsque le parent est insensible, mais qu’il ne présente pas de comportements effrayants, l’enfant peut développer des stratégies d’attachement, notamment d’évitement. Un attachement insécure serait lié à un score de sensibilité maternelle faible. Le rejet modéré de la part du parent serait prédicteur de l’attachement évitant, alors que l’imprévisibilité prédirait l’attachement de type ambivalent/résistant (Main, 2000).

7Dans les échantillons à risque, bien que la sensibilité à la détresse de l’enfant semble un prédicteur de la sécurité (McElwain, Booth-LaForce, 2006), elle est généralement très faible, comme le montre l’étude récente de Sidor, et al. (2011). Cependant, à notre connaissance, les différences en termes de sensibilité maternelle concernant les enfants désorganisés ne semblent pas avoir fait l’objet d’études jusqu’à présent. De plus, les enfants désorganisés étant ceux qui présentent le risque psychopathologique le plus élevé (Sroufe, 2005), il paraît important de comprendre quel type de lien existe entre la désorganisation de l’attachement et la sensibilité maternelle. Plus généralement, il a été observé que la disponibilité psychique du caregiver avait un impact sur le développement socio-émotionnel, l’éducation et la santé mentale de l’enfant (Candelaria, 2011).

8C’est dans cette perspective que nous avons étudié la sensibilité maternelle et l’attachement de l’enfant dans une population française à haut-risque psychosocial. Dans le contexte d’une intervention précoce visant à la promotion de la santé mentale, il parait essentiel d’étudier quels facteurs interfèrent dans le développement d’un attachement sécure, étant donné que la sécurité est considérée comme un facteur de résilience. D’autre part, il a été démontré que des interventions précoces peuvent favoriser la sensibilité maternelle, y compris dans des populations à haut risque psychosocial (Wendland-Carro, Piccinini et Stuart, 1999 ; Wendland, 2004). A leur tour, la sensibilité maternelle et la sécurité de l’attachement sont associées à un meilleur développement social et cognitif chez l’enfant (Stams, Juffer et van IJzendoorn, 2002).

Méthode

9Cette étude s’inscrit au sein d’une recherche plus vaste, l’étude CAPEDP (Compétences parentales et attachement dans la petite enfance), un projet d’intervention préventive précoce débuté en 2006 et achevé en 2011 en Ile-de-France. Ce projet est une adaptation du Nurse Family Partnership (Olds, et al., 1986) focalisée sur la prévention en matière de santé mentale et de qualité de l’attachement. Il s’agit d’une intervention à visée préventive auprès de jeunes femmes enceintes de leur premier enfant et présentant des vulnérabilités psychosociales. Dans la recherche CAPEDP, un total de 440 femmes ont été recrutées, dont la moitié ont reçu une intervention à domicile (n = 220) et l’autre moitié, les soins usuels (n = 220). Les dyades ont été évaluées tout au long de l’étude, tous les trois mois entre la 27e semaine de grossesse et les 24 mois de l’enfant.

10Le projet CAPEDP-Attachement (CAPEDP-A) a concerné une partie de la population de l’étude générale. Il visait à étudier la qualité de l’attachement chez l’enfant et a été proposé à 120 familles, dont 60 viennent du groupe intervention et 60 du groupe témoin. La présente étude a été réalisée auprès de 46 dyades appartenant au groupe témoin, afin d’éviter les biais liés à l’intervention à domicile qui visait, entre autres, à augmenter la sensibilité maternelle.

11L’objectif principal de cette étude a été d’examiner, chez l’enfant âgé de douze à dix-sept mois, le lien entre les styles d’attachement de l’enfant et la sensibilité maternelle. En particulier, nous souhaitions tester l’hypothèse suivante :

  1. les enfants ayant un style d’attachement sécure (Pattern B) ont des mères ayant des scores de sensibilité maternelle plus élevés que les enfants insécures (évitants et ambivalents/résistants).

12Un deuxième objectif, de nature exploratoire, visait à comprendre la nature de la relation entre la qualité de l’attachement des enfants et la sensibilité maternelle chez les enfants désorganisés (Pattern D).

Participants

13Nous avons évalué un total de 46 dyades mère-enfant du groupe témoin de la cohorte CAPEDP-A, n’ayant donc pas reçu d’intervention à domicile. Au moment de l’évaluation, les enfants avaient entre douze et dix-sept mois. Le tableau 1 présente les caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon.

Tableau 1

Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon

Tableau 1
(N = 46) Sexe de l’enfant Garçon 21 (44,4%) Fille 25 (55,6%) Age de l’enfant (en mois) Minimum/maximum 12/26 Moyenne (e-type) 14,3 (2,9) Age de la mère Minimum/maximum 20/28 Moyenne (e-type) 23,5 (2,4) Revenu mensuel Moins de 534 € 12 (23,1%) du ménage Entre 534 €et 840 € 9 (17,3%) Entre 840 € et 1300 € 10 (19,2%) Entre 1300 €et 2520 € 18 (34,6%) Entre 2520 et 6410 € – Ne sait pas 3 (5,8%) Plus haut niveau N’a jamais été scolarisée 1 (1,9%) de scolarité atteint Ecole primaire (5 années validées ou moins) – Collège (6 à 8 années) 6e à 4e 6 (11,5%) BEPC (9 années) 3e 2 (3,8%) Lycée (10 à 11 années) 2de, 1re 31 (59,6%) Bac (12 années) 7 (13,5%) DEUG (Licence 2 ; 14 années) 3 (5,8%) Maitrise (Master 1 ; 16 années) 2 (3,8%) DESS ou DEA (Master 2 ; 17 années) Pays de naissance France 25 (52,1%) Europe 2 (4,2%) Asie 1 (2,1%) Afrique 16 (33,3%) Maghreb 2 (4,2%) DOM-TOM 2 (4,2%)

Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon

Instruments

La situation étrange

14Pour évaluer le style d’attachement de l’enfant, nous avons utilisé le paradigme de la situation étrange. Cette procédure, telle qu’elle a été décrite par Ainsworth, et al., (1978), est constituée de huit épisodes. Dans un premier temps, mère et enfants jouent seuls dans une pièce. Ensuite, une personne étrangère rentre dans la pièce, engage une conversation avec la mère et essaye de jouer avec l’enfant. Par la suite, la mère quitte la pièce. Il s’agit de la première séparation. Quand la mère revient, après les trois minutes de séparation, l’étrangère sort et l’on observe la qualité des interactions lors des retrouvailles. Une deuxième séparation s’en suit ; cette fois-ci, l’enfant reste seul. Pour les deux derniers épisodes, c’est d’abord l’étrangère qui rentre, restant trois minutes avec l’enfant, et finalement, la mère revient pour le huitième et dernier épisode. Les épisodes de retrouvailles après la séparation permettent d’évaluer les comportements interactifs entre l’enfant et la figure d’attachement, et ainsi d’inférer les styles d’attachement de l’enfant.

Les échelles de sensibilité maternelle

15Pour évaluer la sensibilité maternelle, nous avons choisi d’utiliser l’échelle de sensibilité maternelle d’Ainsworth, Bell et Stayton (1974), modifiée et adaptée par Whitt et Casey (1982).

16Cette échelle évalue la sensibilité maternelle selon ses quatre composantes essentielles :

  1. la conscience des signaux ;
  2. l’interprétation adéquate des signaux ;
  3. la réponse appropriée aux signaux ;
  4. la réponse rapide aux signaux.

17Chacune de ses dimensions a été cotée sur une échelle de Likert allant de 1 à 5 : 1) jamais ; 2) presque jamais ; 3) parfois ; 4) souvent et 5) toujours. Ensuite, en prenant en compte ces quatre critères, une classification globale de la sensibilité maternelle est établie, avec un score allant de 1 à 9, selon la progression suivante : 1 : forte insensibilité ; 3 : insensibilité ; 5 : sensibilité inconstante ; 7 : sensibilité et 9 : forte sensibilité. Chacune de ses catégories a été longuement décrite dans l’échelle originale d’Ainsworth.

18Pour chaque dyade mère-enfant, nous avons analysé trois situations d’interaction : jeu libre, jeu structuré et changement de couche. Le choix d’analyser trois situations repose sur l’intérêt d’observer la mère et son enfant dans différentes situations d’interaction. Ainsi, dans la première situation, le jeu libre, la consigne donnée aux mères était de jouer comme elles le souhaitaient avec leur enfant. Dans la deuxième situation, le jeu structuré, les mères étaient invitées à jouer avec leur enfant en se servant d’une boîte à formes. Ce jeu étant plus approprié pour des enfants à partir de dix-huit mois, nous nous attendions à certaines difficultés. L’intérêt était alors de comprendre comment mère et enfant jouent ensemble et gèrent une éventuelle frustration chez ce dernier. La troisième et dernière situation, le changement de couche, est un moment classique de soins, spécialement intéressant à l’âge de douze mois car l’enfant généralement ne reste pas passif.

Cotation des données

19Les cotateurs de la situation étrange n’ont eu aucun contact direct avec les dyades et n’étaient pas au courant de leur groupe d’appartenance. Deux cotateurs indépendants ont coté une sélection aléatoire de 30 % des vidéos. L’accord interjuges utilisant le coefficient Kappa de Cohen était satisfaisant (kappa = 0,79). Les discordances ont été discutées et une catégorie consensuelle a été trouvée pour les dyades en question (Tereno, et al., sous presse).

20En ce qui concerne la cotation des échelles de sensibilité maternelle, toutes les cotations ont été réalisées en aveugle, les cotateurs n’ayant aucune connaissance de l’évaluation de l’attachement de l’enfant faite pour chaque dyade à la situation étrange. Les cotateurs ont été formés et supervisés par deux psychologues expérimentées dans cet outil. Ainsi, nous avons procédé, dans un premier temps, à des cotations en équipe à quatre cotateurs, puis à trois et à deux, visant à atteindre à chaque étape un niveau satisfaisant d’accord interjuges.

Analyses

21Les analyses statistiques ont été réalisées avec le programme SPSS 20.0. Dans un premier temps, nous avons réalisé des analyses descriptives de la qualité de l’attachement des enfants et de la qualité de la sensibilité maternelle. Par la suite, des analyses de comparaison de moyennes ont été réalisées pour tester les associations entre les différents types d’attachement et le degré de sensibilité des mères. Etant donné la taille des effectifs, nous avons réalisé dans un premier temps des analyses non paramétriques. Toutefois, en testant ces différences avec des tests paramétriques, nous avons pu vérifier que les associations se maintenaient significatives. Nous avons alors fait le choix de présenter les valeurs des tests paramétriques étant donné leur nature plus robuste.

Résultats

Analyse descriptive de la qualité d’attachement et de la sensibilité maternelle

22Concernant l’analyse des styles d’attachement chez les enfants, nous avons observé que 56,5% (n = 28) d’entre eux avaient un pattern d’attachement sécure et 43,5% (n = 18) un attachement insécure. De manière plus détaillée, les quatre patterns d’attachement se distribuent ainsi : la catégorie sécure est celle qui compte le plus d’enfants (39% ; n = 18) ; viennent ensuite les enfants au style d’attachement désorganisé pour lequel on trouve un taux particulièrement élevé (30,4% ; n = 14) ; et l’attachement évitant avec 23,9% (n = 11). La catégorie la moins représentée est celle de l’attachement ambivalent avec seulement 6,5% (n = 3) des enfants.

23L’analyse de la sensibilité maternelle dans les différentes situations d’interaction mère-bébé montre que la moyenne la plus élevée de sensibilité maternelle se retrouve dans la situation de jeu libre (M = 6,39, ET = 2,304), suivi du changement de couche (M = 5,67, ET = 2,367) et du jeu structuré (M = 5,63, ET = 2,576), la différence n’étant pas significative. Pour les scores totaux, la moyenne est de 5,91 (ET = 2,519) (tableau 2).

Tableau 2

Distribution des scores totaux de sensibilité maternelle dans les situations de jeu libre, changement de couche et jeu structuré

Tableau 2
N Minimum Maximum Moyenne Ecart-type Jeu libre 46 1 9 6,39 2,304 Jeu structuré 46 1 9 5,63 2,576 Change 46 1 9 5,67 2,367 de couche Trois 46 1 9 5,91 2,519 situations

Distribution des scores totaux de sensibilité maternelle dans les situations de jeu libre, changement de couche et jeu structuré

Analyse comparative

24Nous avons utilisé le test-T de Student pour comparer les résultats de sensibilité maternelle dans les deux groupes d’enfants, en fonction de leur style d’attachement : sécure et insécure. Nous retrouvons une tendance des mères des enfants sécures à présenter des scores plus élevés de sensibilité maternelle. En particulier, dans la situation de changement de couche, nous remarquons une tendance des mères des enfants sécures à avoir des scores plus élevés dans la catégorie « adéquation de la réponse » (T (44) = 1,936 p = 0,059). Dans la situation de jeu libre, nous avons une légère tendance au niveau de la « rapidité de la réponse » (T (44) = 1,936 p = 0,174).

25Pour l’analyse de variance (ANOVA), nous avons regroupé notre échantillon en trois groupes de styles d’attachement : A, B et C (« évitant », « sécure » et « ambivalent », respectivement).

26L’épisode de jeu libre est celui où nous retrouvons des résultats qui discriminent le plus les groupes en termes de sensibilité maternelle (tableau 3). Dans cette situation, les mères des enfants « sécures » ont des scores de sensibilité significativement plus élevés, comparées à celles des enfants « ambivalents » (F (2) = 3,698 ; p = 0,033). Dans la sous-­échelle de conscience des signaux, les scores de sensibilité maternelle des mères d’enfants « sécures » sont aussi plus élevés que ceux des mères d’enfants « évitants » (F (2) = 3,603 ; p = 0,036). Par rapport à l’adéquation de la réponse, le groupe de mères d’enfants sécures a des scores plus élevés que celui de mères d’enfants « ambivalents » (F (2) = 3,407 ; p = 0,042).

Tableau 3

Scores de sensibilité maternelle en fonction des patterns d’attachement des enfants évitant, sécure et ambivalent

Tableau 3
Somme Ddl F Signification Scheffé des carrés JL_a 5,919 2 3,603 0,036 B > A JL_d 6,245 2 3,407 0,042 B > C T_JL 35,072 2 3,698 0,033 B > C CC_c 7,110 2 4,325 0,019 B > A TT 37,947 2 3,294 0,047 B > A

Scores de sensibilité maternelle en fonction des patterns d’attachement des enfants évitant, sécure et ambivalent

JL_a : jeu libre, conscience des signaux ; JL_d : jeu libre, adéquation de la réponse ; T_JL : jeu libre, score total ; CC_c : changement de couche, adéquation de la réponse ; TT : scores totaux ; A : attachement évitant ; B : attachement sécure ; C : attachement ambivalent.

27Des différences significatives ont aussi été observées dans la situation de changement de couche (sous-­échelle d’adéquation de réponse) en faveur du groupe « sécure » par rapport au groupe « évitant » (F (2) = 4,325 ; p = 0,019). Finalement, en considérant les scores totaux, le groupe sécure obtient aussi des résultats plus élevés que ceux du groupe « évitant » (F (2) = 3,294 ; p = 0,047).

28Une ANOVA considérant les quatre patterns d’attachement montre un seul résultat qui tend à la significativité : dans la situation de changement de couche, pour la dimension « réponse adéquate », le groupe de mères d’enfants ayant un attachement « sécure » obtient des résultats supérieurs à ceux du groupe d’enfants à l’attachement « ambivalent » (F(2) = 2,730 ; p = 0,056).

Discussion

29Nos résultats montrent que les mères d’enfants qui ont élaboré un pattern d’attachement sécure ont des scores de sensibilité plus élevés que les mères des enfants insécures. Dans le jeu libre et au niveau de la rapidité de réponse, nous voyons que les mères du groupe sécure ont une tendance à être plus sensibles que celles du groupe insécure. Dans la situation de changement de couche, et au niveau de l’adéquation de réponse, nous retrouvons aussi une tendance qui distingue ces deux groupes, en faveur des enfants sécures.

30Ces résultats confirment notre hypothèse de départ, selon laquelle on retrouverait des scores de sensibilité maternelle plus faibles chez les mères des enfants ayant établi un attachement insécure. Ces résultats ont été observés dans différentes situations d’interaction, tout comme d’autres études l’avaient démontré, par exemple en situation de repas (Egeland et Farber, 1984). La sensibilité maternelle durant la première année de vie est donc un facteur prédictif de la sécurité d’attachement (Tissier, et al., 2011). Nos résultats semblent confirmer le postulat suivant : lorsqu’un enfant bénéficie d’interactions avec une mère attentive à ses signaux, qui les interprète correctement et leur donne des réponses adéquates et temporellement contingentes, caractérisant ce qu’Ainsworth, et al., (1974) définissent comme une mère sensible, il aura tendance à établir un lien d’attachement de nature sécure envers sa mère. Ainsi, lorsque l’enfant a fait des expériences relationnelles de qualité, il saura utiliser des stratégies pour approcher sa figure d’attachement en cas de détresse et compter sur sa réponse adéquate pour obtenir réconfort et sécurité.

31Considérant les enfants ayant établi un style d’attachement évitant, leurs mères ont reçu des scores significativement plus faibles en termes de sensibilité maternelle que ceux des mères d’enfants sécures. Plus spécifiquement, leurs résultats sont plus faibles dans les situations de jeu libre (pour la « conscience des signaux ») et de changement de couche (en particulier pour la dimension « réponse appropriée »). Dans la littérature, les mères des enfants évitants sont décrites comme étant plus insensibles aux signaux de leurs enfants, notamment en prenant en compte la temporalité de leurs réponses (Egeland et Farber, 1984). Ces mères auraient plus tendance à présenter des comportements intrusifs, qui ne respectent pas la temporalité de l’enfant, que les mères des enfants ayant un attachement sécure. Selon Guédeney, et al., (2011), la synchronisation des rythmes entre mère et enfant permet au caregiver de donner une réponse sensible quand l’enfant est en détresse.

32En ce qui concerne les enfants ambivalents, bien qu’ils soient faiblement représentés dans notre échantillon, des différences significatives ont été observées : a) les scores totaux de sensibilité maternelle des mères d’enfants ambivalents sont inférieurs à ceux des enfants sécures ; b) dans la situation de jeu libre, l’adéquation de la réponse maternelle et les scores totaux de ce premier épisode sont supérieurs pour les mères des enfants sécures comparés à ceux des mères des enfants ambivalents et c) dans l’épisode de changement de couche, et au niveau de l’adéquation de la réponse, nous observons une tendance des mères des enfants sécures à donner plus souvent la réponse adéquate que les mères des ambivalents.

33Cette question de l’adéquation de la réponse est intéressante à discuter car ce concept est difficile à définir. Ainsworth, et al. (1974) précisent que « donner la bonne réponse » ne veut pas dire que la mère donne toujours ce que l’enfant semble vouloir, mais qu’elle peut lui offrir une alternative acceptable. L’adéquation de la réponse dépend ainsi, entre autres facteurs, de l’âge de l’enfant. De ce fait, un comportement sensible est celui qui s’adapte aux ressources et à l’âge de l’enfant.

34Un autre objectif de cette étude était d’explorer l’impact de la sensibilité maternelle dans la formation d’un attachement désorganisé chez l’enfant. Selon Lyons-Ruth, et al., (1999), lorsque la mère n’arrive pas à adapter ses réponses de caregiving en dépit des signes répétitifs de son enfant, cela peut amener à la désorganisation des stratégies de l’enfant, car celles-ci ne sont pas efficaces pour apaiser son système d’attachement. Quant à eux, Van IJzendoorn et Bakermans-­Kranenburg (2009) observent que, dans le cadre d’une population à risque psychosocial, le caregiving insensible et la maltraitance sont les deux prédicteurs les plus importants pour comprendre la désorganisation de l’attachement.

35En nous appuyant sur ces observations, nous avions supposé que la désorganisation de l’attachement serait associée à des scores faibles de sensibilité maternelle. Les résultats de la présente étude ne sont pas conclusifs à ce sujet. Dans le groupe des enfants désorganisés, nous avons, en fait, retrouvé des résultats très hétérogènes en termes de sensibilité maternelle : des scores allant du 1 (forte insensibilité) au 9 (forte sensibilité), en passant par tous les autres scores intermédiaires. Il semble alors que la sensibilité maternelle ne discrimine pas suffisamment les enfants désorganisés des autres enfants non désorganisés dans notre échantillon. Dans une méta-­analyse de douze études réalisées par Van IJzendoorn, Schuengel et Bakermans-Kranenburg (1999), la sensibilité maternelle n’a pas été non plus associée avec la désorganisation de l’attachement chez l’enfant. Ainsi, probablement d’autres facteurs jouent un rôle plus important dans la trajectoire qui mène l’enfant à développer un style d’attachement désorganisé envers son caregiver.

36Deux explications possibles pourraient aider à mieux comprendre ces résultats. Premièrement, le fait que les échelles d’Ainsworth, et al., (1974) aient été créées bien avant la découverte de la désorganisation de l’attachement ne permet pas d’écarter l’idée que ces échelles ne soient pas suffisamment affinées pour distinguer entre les enfants désorganisés et les autres ayant pu construire un style organisé d’attachement. Deuxièmement, les mères des enfants désorganisés ont des comportements désorganisants le plus souvent seulement lorsqu’elles sont en situation de stress. Or, les trois épisodes vidéo cotés ne sont pas, à proprement dire, des situations très stressantes. Bien que l’épisode de jeu structuré soit un peu plus contraignant, il ne l’était peut-être pas suffisamment pour activer les comportements insensibles chez les mères des enfants désorganisés. Comme nous l’avons remarqué, les mères des enfants du groupe désorganisé semblent être assez sensibles quand elles ne sont pas en situation de stress. En effet, Van IJzendoorn, et al., (1995) observent que les mères des bébés désorganisés ne paraissent pas moins sensibles que les autres mères, bien que des écarts par rapport à la normale aient été repérés dans des évaluations plus précises des interactions. Pour étudier ce groupe d’enfants, il serait alors peut-être plus instructif d’analyser la sensibilité maternelle dans une situation induisant du stress chez la mère.

Limites de l’étude

37Nos résultats sont à considérer avec précaution étant donnée la taille réduite de l’échantillon au regard de la population totale du projet CAPEDP-A. Ils mériteraient d’être vérifiés par une étude s’adressant à l’ensemble des familles du projet (N = 120). Par ailleurs, comme nous l’avons déjà remarqué, les échelles de sensibilité maternelle (Ainsworth, et al., 1974) ne semblent pas discriminer les résultats du groupe désorganisé. En effet, les différences au niveau de la qualité de l’attachement de ces enfants ne semblent pas dériver d’un faible degré de sensibilité maternelle, telle qu’elle a été définie par Ainsworth. La difficulté tient peut-être aussi du concept même de sensibilité maternelle. Bien qu’il ait été opérationnalisé par Ainsworth, comprendre la sensibilité du caregiving est une tâche complexe et demande une observation très attentive et détaillée. Van IJzendoorn (1997) affirme que c’est le concept même de sensibilité maternelle qui est trop large.

Conclusion et perspectives

38Cette étude confirme, dans un échantillon français, que la sensibilité maternelle est un indice important pour la sécurité de l’attachement chez l’enfant. La sensibilité de la mère au comportement de l’enfant contribue à la construction d’un sentiment de sécurité chez l’enfant qui lui permet de créer des stratégies d’attachement envers son caregiver, d’explorer son environnement et de se développer harmonieusement. Les enfants ayant développé un attachement sécure avaient des mères significativement plus sensibles que les enfants avec un attachement insécure. Cependant, il semble que la sensibilité maternelle, telle que nous l’avons évaluée, n’est pas un facteur central dans la compréhension de la genèse de la désorganisation de l’attachement et que d’autres facteurs soient en jeu. Les mères des enfants désorganisés ne se sont pas montrées clairement et durablement moins sensibles que les autres mères. En fait, ces mères montrent un éventail de scores allant de la forte sensibilité à la forte insensibilité.

39Ceci nous mène à conclure que la sensibilité est importante mais ne suffit pas à expliquer entièrement la qualité de l’attachement. D’autres dimensions des soins parentaux jouent certainement un rôle important. A titre d’exemple, Guédeney, et al., (2011) parlent de la synchronie et des mécanismes physiologiques comme facteurs d’une réponse sensible de la part du caregiver. Explorer les dimensions des représentations parentales ou bien l’effet de la dépression maternelle pourrait également enrichir les investigations dans ce domaine.

Points importants

  • Les programmes d’intervention précoce ont un impact sur la sensibilité maternelle.
  • La sensibilité maternelle est un facteur primordial pour la sécurité de l’attachement chez l’enfant.
  • Le projet CAPEDP a évalué l’impact de l’intervention sur les interactions mère-enfant visant à augmenter la sensibilité maternelle et, par conséquent, la sécurité de l’attachement chez l’enfant.
  • La désorganisation de l’attachement semble liée à d’autres facteurs que la sensibilité maternelle.
  • La sensibilité maternelle est un élément essentiel de la constitution d’un attachement sécure. Cette étude confirme pour la première fois ce rôle dans une population française. L’échantillon était constitué de dyades mère-enfant de l’étude de prévention précoce CAPDEP. La sécurité de l’attachement de l’enfant était évaluée par la situation étrange de séparation réunion. La sensibilité maternelle a été évaluée lors de trois situations, jeu libre, change, jeu structuré.

Remerciements

Les auteurs remercient les 120 familles ayant participé au projet CAPEDP, les intervenantes et évaluatrices à domicile, l’équipe de codage, ainsi que les assistants de recherche, sans lesquels ce projet aurait été impossible.
Le projet CAPEDP a été financé par le Ministère Français de la Santé (PHRC AOM05036), L’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES), L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), L’Institut de Recherche en Santé Public (IReSP, PREV0702) et la Fondation Pfizer.

Notes

  • [1]
    Institut de Psychologie, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’Ecole de Médecine, 75006 Paris, France, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS-EA 4057), Centre Henri Piéron, Institut de psychologie, 71, avenue Edouard Vaillant, 92100 Boulogne Billancourt Cedex, France.
    jaqueline.wendland@parisdescartes.fr
    inesmatos16@gmail.com
  • [2]
    Institut Mutualiste Montsouris, 42 Boulevard Jourdan, 75014 Paris, France, b,c,f,g Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’École de Médecine, 75006 Paris, France.
  • [3]
    Hôpital Ste Anne, Inserm U669, 1 RUE Cabanis, 75014 Paris 14, France.
  • [4]
    Laboratoire de Recherche, Etablissement public de santé Maison Blanche, 6-10, rue Pierre Bayle 75020 Paris, France.
  • [5]
    Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé, 42, boulevard de la Libération, 93203 Saint-Denis Cedex, France, Département de Psychologie, Université du Québec, 320, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, QC H2X 1L7l, Canada.
  • [6]
    AP-HP, Hôpital Bichat, Département d’Epidémiologie et Recherche Clinique, 46, rue Henri Huchard, 75018 Paris, France.
  • [7]
    INSERM CIE 801, gINSERM U669 PSIGIAM 101, rue de Tolbiac, 75654 Paris Cedex 13, France.
  • [8]
    AP-HP, Hôpital Bichat-Claude Bernard, 46 Rue Henri Huchard, 75018 Paris, France.
  • [9]
    Unité Petite Enfance et Parentalité Vivaldi Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent AP-HP, Hôpital Pitié- Salpêtrière, 47-83, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France.
Français

La qualité des interactions précoces et la sensibilité du parent aux signaux de son enfant sont des facteurs fondamentaux pour la sécurité de l’attachement chez l’enfant. Cette recherche visait à étudier la sensibilité maternelle et l’attachement de l’enfant dans un échantillon à haut risque psychosocial, constitué de 46 dyades mère-bébé. Les dyades ont été évaluées lorsque les bébés avaient entre douze et dix-sept mois. L’attachement des enfants a été évalué à travers le paradigme de la Situation Etrange (Ainsworth, et al., 1978), alors que la sensibilité maternelle a été examinée à travers l’analyse vidéo de trois situations d’interaction mère-enfant, en utilisant les échelles de Sensibilité Maternelle d’Ainsworth, et al., (1974). Les résultats mettent en évidence l’impact de la sensibilité maternelle dans l’établissement d’un attachement sécure ou insécure chez l’enfant. Toutefois, en ce qui concerne la désorganisation de l’attachement, d’autres facteurs que la sensibilité maternelle semblent être en jeu car, dans la présente étude, ces deux facteurs n’apparaissent pas directement associés.

Mots-clés

  • attachement
  • interactions précoces
  • caregiving
  • sensibilité maternelle

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Inês Matos [1]
  • [1]
    Institut de Psychologie, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’Ecole de Médecine, 75006 Paris, France, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS-EA 4057), Centre Henri Piéron, Institut de psychologie, 71, avenue Edouard Vaillant, 92100 Boulogne Billancourt Cedex, France.
    jaqueline.wendland@parisdescartes.fr
    inesmatos16@gmail.com
Susana Tereno [1]
  • [1]
    Institut de Psychologie, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’Ecole de Médecine, 75006 Paris, France, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS-EA 4057), Centre Henri Piéron, Institut de psychologie, 71, avenue Edouard Vaillant, 92100 Boulogne Billancourt Cedex, France.
    jaqueline.wendland@parisdescartes.fr
    inesmatos16@gmail.com
Jaqueline Wendland [1][9]
  • [1]
    Institut de Psychologie, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’Ecole de Médecine, 75006 Paris, France, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS-EA 4057), Centre Henri Piéron, Institut de psychologie, 71, avenue Edouard Vaillant, 92100 Boulogne Billancourt Cedex, France.
    jaqueline.wendland@parisdescartes.fr
    inesmatos16@gmail.com
  • [9]
    Unité Petite Enfance et Parentalité Vivaldi Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent AP-HP, Hôpital Pitié- Salpêtrière, 47-83, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France.
Nicole Guedeney [2]
  • [2]
    Institut Mutualiste Montsouris, 42 Boulevard Jourdan, 75014 Paris, France, b,c,f,g Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’École de Médecine, 75006 Paris, France.
Romain Dugravier [3]
  • [3]
    Hôpital Ste Anne, Inserm U669, 1 RUE Cabanis, 75014 Paris 14, France.
Tim Greacen [4]
  • [4]
    Laboratoire de Recherche, Etablissement public de santé Maison Blanche, 6-10, rue Pierre Bayle 75020 Paris, France.
Thomas Saïas [1][5]
  • [1]
    Institut de Psychologie, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 12, rue de l’Ecole de Médecine, 75006 Paris, France, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS-EA 4057), Centre Henri Piéron, Institut de psychologie, 71, avenue Edouard Vaillant, 92100 Boulogne Billancourt Cedex, France.
    jaqueline.wendland@parisdescartes.fr
    inesmatos16@gmail.com
  • [5]
    Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé, 42, boulevard de la Libération, 93203 Saint-Denis Cedex, France, Département de Psychologie, Université du Québec, 320, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, QC H2X 1L7l, Canada.
Florence Tubach [6]
  • [6]
    AP-HP, Hôpital Bichat, Département d’Epidémiologie et Recherche Clinique, 46, rue Henri Huchard, 75018 Paris, France.
Antoine Guedeney [7][8]
  • [7]
    INSERM CIE 801, gINSERM U669 PSIGIAM 101, rue de Tolbiac, 75654 Paris Cedex 13, France.
  • [8]
    AP-HP, Hôpital Bichat-Claude Bernard, 46 Rue Henri Huchard, 75018 Paris, France.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 28/04/2014
https://doi.org/10.3917/dev.141.0005
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